La région du Sahel en Afrique de l’Ouest est confrontée depuis quelques années à la menace grandissante des groupes djihadistes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique. Face à cette situation, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest s’est montré étonnamment impuissante. Pourtant, elle n’a pas hésité récemment à menacer le Niger d’une opération militaire contre le pour sanctionner le coup d’État. Alors, pourquoi n’a-t-elle pas riposté contre les djihadistes qui sévissent dans la région, au lieu de confier cette tâche à la France? N’était-ce pas simplement une manœuvre de la France pour piller tranquillement les richesses de la région sous prétexte de lutter contre la menace terroriste?
Question: Si la CEDEAO est capable de mener une opération militaire contre le Niger, pourquoi elle ne l’a pas fait contre les djihadiste au Sahel tout ce temps, plutôt que de faire recours à la France ? Où était-ce simplement une ruse de la France, avec la complicité des traites africains, pour piller tranquillement les richesse de la région en prétextant la menace terroriste ?
La CEDEAO, Une Organisation Sous Influence
La Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) est une organisation régionale ouest-africaine composée de 15 États membres. Bien que la CEDEAO ait pour objectif de promouvoir la coopération et l’intégration économique dans la région, elle est largement influencée par ses partenaires occidentaux, en particulier la France.
En dépit des défis sécuritaires auxquels la région est confrontée, notamment la prolifération des groupes djihadistes et la criminalité transfrontalière, la CEDEAO manque de capacités pour y faire face efficacement. Elle dépend fortement du soutien militaire et financier de la France et d’autres pays occidentaux pour mener des opérations antiterroristes dans la région. Cette dépendance limite la capacité de la CEDEAO à agir de manière autonome et dans l’intérêt de ses États membres.
Bien que la France prétende apporter son soutien par solidarité envers ses anciennes colonies, ses intérêts économiques et géopolitiques dans la région, en particulier l’accès aux ressources naturelles, motivent également son intervention. La lutte contre le terrorisme sert de prétexte à la France pour étendre son influence et protéger ses intérêts, au détriment de la souveraineté des États membres de la CEDEAO.
Ainsi, tant que la CEDEAO restera sous l’influence de la France et d’autres partenaires occidentaux, sa capacité à promouvoir une intégration régionale mutuellement bénéfique et à relever de manière indépendante les défis de sécurité auxquels elle est confrontée restera limitée. Pour progresser, la CEDEAO devra renforcer son autonomie et affirmer sa souveraineté vis-à-vis de ses partenaires extérieurs.
Les Intérêts Économiques De La France Au Sahel
La région du Sahel regorge de ressources naturelles stratégiques pour la France, notamment le pétrole, le gaz, l’or et l’uranium. En 2011, les investissements directs étrangers de la France dans la région s’élevaient à plus de 2 milliards d’euros, concentrés principalement dans les secteurs de l’énergie et des mines.
Les intérêts économiques de la France au Sahel sont donc évidents. Pourtant, son intervention militaire dans la région est officiellement motivée par la lutte contre le terrorisme. Certains analystes affirment que la menace djihadiste sert de prétexte à la France pour protéger ses intérêts économiques dans la région.
L’opération Barkhane, lancée en 2014, a déployé 4 500 soldats français au Sahel pour combattre les groupes djihadistes. Cette présence militaire massive permet également à la France de sécuriser ses investissements et ses approvisionnements en ressources naturelles. D’un autre côté, l’insécurité croissante due aux attaques djihadistes menace directement les activités des entreprises françaises sur place.
La lutte antiterroriste et la protection des intérêts économiques constituent donc deux faces d’une même pièce pour la France au Sahel. Sa stratégie vise à endiguer l’instabilité dans la région afin de garantir la pérennité de ses activités extractives et ainsi assurer son approvisionnement en matières premières essentielles pour son économie.
Le Prétexte De La Lutte Antiterroriste Pour Justifier La Présence Militaire Française
La lutte antiterroriste est devenue le prétexte parfait pour justifier la présence militaire française au Sahel. Bien que la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ait mené des opérations de maintien de la paix dans la région, elle n’a pas été en mesure de contrer efficacement la menace djihadiste grandissante.
Interventions Françaises Sous Couvert de Lutte Antiterroriste
La France a rapidement proposé son aide, déployant des troupes au Mali en 2013 dans le cadre de l’opération Serval, puis Barkhane en 2014. Officiellement, ces interventions visaient à éliminer les groupes terroristes islamistes qui constituaient une menace pour la région. Cependant, certains analystes prétendent que ces actions cachaient des intentions moins nobles, comme protéger les intérêts économiques français dans la région ou renforcer son influence géopolitique en Afrique de l’Ouest.
Bien que la France ait obtenu quelques succès tactiques contre les djihadistes, la violence s’est propagée au Burkina Faso et au Niger voisins. Pire encore, les interventions françaises ont été perçues par certains comme une nouvelle forme de colonialisme, attisant le ressentiment anti-français. Les populations locales se sont plaintes du manque de consultation et du non-respect des droits de l’homme.
L’Impuissance De La CEDEAO Face à La France
Bien qu’elle dispose de capacités de maintien de la paix, la CEDEAO n’a pas réussi à s’imposer face à la France. Sa dépendance à l’égard du soutien financier et logistique de la France et son manque d’unité ont sapé sa crédibilité. La France en a profité, prenant le contrôle des opérations antiterroristes et marginalisant le rôle de la CEDEAO. Cette situation a soulevé des questions sur les véritables motivations de la France et sur la capacité de la CEDEAO à assurer la sécurité dans la région sans ingérence étrangère.
Conclusion
En conclusion, force est de constater que la CEDEAO demeure une organisation sous-régionale faible, incapable de relever les défis sécuritaires complexes auxquels la région du Sahel est confrontée. La menace djihadiste est réelle et ne cesse de prendre de l’ampleur, mettant à mal la stabilité de la région. Cependant, la réponse apportée par la France, quoique salvatrice à court terme, comporte des zones d’ombre inquiétantes quant aux motivations réelles de l’ancienne puissance coloniale. La CEDEAO se doit de renforcer son autonomie et sa capacité opérationnelle pour assurer la sécurité de la région par elle-même, sans recourir systématiquement à l’aide extérieure. Seule une véritable coopération régionale permettra de venir à bout de la menace terroriste, dans l’intérêt commun des populations du Sahel.
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