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Afrique, réveille-toi : jusqu’à quand accepteras-tu l’humiliation de tes bourreaux ?

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Afrique, réveille-toi : jusqu’à quand accepteras-tu l’humiliation de tes bourreaux ?
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Vous les Africains, vous êtes comment ? Aucune dignité ?
Cette interpellation brutale, lancée dans une vidéo récemment virale, a secoué les consciences. Et elle le devait.

Depuis des siècles, notre continent subit, endure, pardonne, oublie. Pire encore : il accueille, il flatte, il tend la main à ses bourreaux. Comme si la mémoire était un luxe, et que l’honneur était une chose étrangère à la terre africaine.

Mais regardons les faits en face, froidement. Osons les poser. Et surtout, ne nous mentons plus.

Colonisés, mais pas détruits : où est passée notre fierté ?

Le Japon a colonisé la Chine. Et pourtant, dès que la Chine s’est relevée, aucun Japonais n’a osé revenir s’y installer comme en territoire conquis. Il y a eu rupture nette. Séparation. Reconstruction de l’honneur. Idem au Vietnam : une fois les Français partis, aucun retour sous forme de présence permanente, d’implantation massive, de lobbying culturel ou politique.

Et pourtant en Afrique, que voyons-nous ? Les anciens colonisateurs sont revenus, non seulement en visiteurs, mais en maîtres. Ils siègent dans nos instances, ils “forment” nos dirigeants, ils “financent” nos élections, ils pilotent nos armées.

La France, en Afrique, ne s’est jamais retirée : elle a changé de costume.

Ce n’est plus le sabre, mais la signature. Ce n’est plus la chicotte, mais l’aide au développement. Ce n’est plus le commandant, mais l’ambassadeur. Mais l’emprise est intacte.

Le monde entier réclame justice… sauf nous.

Après la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne nazie a été jugée. Par qui ? Par les Alliés. Par ses victimes. Les criminels ont été nommés, traduits en justice, condamnés. Le monde a tremblé devant le Tribunal de Nuremberg.

Et en Afrique ? Combien de tribunaux panafricains ont jugé les crimes de la colonisation ? Combien de procès pour les massacres commis à Thiaroye, à Madagascar, au Cameroun, au Congo ? Combien de dirigeants africains ont exigé des réparations ? Des excuses officielles ? Aucun ou presque.

Pire encore : ce sont les colonisateurs eux-mêmes qui mènent les enquêtes sur les crimes qu’ils ont commis. Ils créent des “commissions de vérité”, des “rapports d’experts”, des “missions de mémoire” rédigées par des chercheurs étrangers grassement payés. Et nos élites applaudissent.

Générations sacrifiées, mémoire effacée

Comment expliquer cette passivité ? Ce silence ? Ce consentement à l’humiliation ?

Parce que nos élites ont été éduquées pour obéir, pour parler une langue étrangère avant même de maîtriser la leur. Parce que nos programmes scolaires glorifient Victor Hugo et Voltaire mais taisent Ruben Um Nyobè, Patrice Lumumba, Thomas Sankara. Parce que la mémoire africaine a été colonisée bien plus durablement que ses terres.

Et cette déconnexion a un prix : nos enfants ne savent plus qui ils sont. Ils ne comprennent plus pourquoi leurs pays sont si riches, mais leurs peuples si pauvres. Ils ne voient pas le lien entre les bases militaires françaises et les coups d’État récurrents. Ils ne savent pas pourquoi les jeunes Africains meurent dans la Méditerranée en fuyant une terre pourtant bénie.

L’indépendance n’est pas un discours. C’est une rupture.

Nous ne serons jamais libres tant que nos mentalités seront colonisées. Tant que nous chercherons la validation de l’étranger, tant que nous préférerons l’anglais ou le français à nos langues, tant que nous croirons que le salut viendra de Paris, Bruxelles ou Washington.

Regardons la Chine, encore une fois. Colonisée. Occupée. Piétinée. Mais aujourd’hui, respectée. Parce que les Chinois ont refusé l’humiliation. Ils ont reconstruit leur économie, leur armée, leur éducation. Ils n’ont pas pleuré dans les salons diplomatiques : ils ont agi.

Africains, que dirons-nous à nos enfants ?

Allons-nous leur dire : « Oui, on savait ce qu’ils nous ont fait, mais on n’a rien osé faire ? »

Allons-nous leur dire : « Pardon, on préférait les partenariats économiques aux procès historiques ? »

Allons-nous leur dire : « On a oublié les millions de morts, les villages rasés, les femmes violées, les traditions détruites… parce qu’on voulait des visas ? »

Si nous n’avons pas la dignité de nos martyrs, alors nous ne méritons pas leurs sacrifices.

L’heure est venue de dire non.

Non aux rapports écrits par nos bourreaux.
Non aux présences militaires étrangères.
Non aux chefs d’État qui baissent les yeux devant les colonisateurs.
Non à l’amnésie organisée.

Et oui à une Afrique qui se souvient, qui se tient debout, qui exige réparation.

Conclusion : notre génération n’a pas le droit d’être lâche

Ce qui est en jeu, ce n’est pas seulement la vérité historique. C’est la dignité d’un continent entier. C’est la place de l’Afrique dans le monde. C’est l’image que nous laissons aux futures générations.

Nous devons refuser de vivre en paix avec ceux qui ont semé la mort. Nous devons refuser d’être dirigés par ceux qui n’ont jamais osé affronter l’Histoire. Nous devons refuser l’idée que l’Afrique soit toujours le continent du pardon sans justice.

Notre mémoire n’est pas négociable. Nos martyrs ne sont pas oubliables. Notre fierté n’est pas à vendre.

L’Afrique doit se lever. Maintenant. Ou se taire à jamais.


Intervention du Dr Dominique Yamb Ntimba sur une chaine de télévisons camerounaise.
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