Racisme anti-noir : les africains sont-ils insensibles au sort des noirs aux USA et en Europe?

Comment réagissent les africains du continent face au racisme anti-noir subit par leurs frères à travers la planète, notamment aux USA et en Europe?

Si certains s’interrogent encore sur l’absence flagrante de soutien des africains face aux atrocités endurées par leurs congénères d’Occident, une assistance et pas des moindres de la communauté la plus représentative n’a jamais cessé de mener ce combat de racisme anti-noir sur les quatre coins du globe. Ces voix autorisées sont pour la plupart des comédiens, musiciens, sportifs, politiciens ou leaders d’opinions.

Black lives matter“, plus qu’un slogan pour rappeler au monde sinon aux oppresseurs de la communauté noire que toute vie noire compte. La floraison de vague de soulèvement aux États-Unis et France dans le contexte actuel, vient rappeler à tous que le débat du racisme n’a jamais trépassé le conscience collective.Racisme anti-noir contre les noirs du monde

Le décès en France d’Adama Traoré (France), et de George Floyd (États-Unis) suite à des violences policières sont les coups de briquets agités sur la poudrière qui sert de cohabitation fébrile et difficile entre blanc et noir liés par un passé commun.

La presse toujours en première ligne

Le journaliste kenyan Larry Madowo, de passage à BBC NEWS AFRIQUE, le 05 juin dernier de l’année en cours,  a écris sur le racisme qu’il a subi aux États-Unis. L’un des moments les plus poignants de son intervention est sans doute quand il a réalisé cette triste réalité :  “Peu importe que je sois d’une nation africaine à majorité noire, les gens qui me ressemblent ici doivent négocier pour leur humanité avec un système qui les aliène, les efface et les punit constamment“.

Au Kenya, je peux disparaître dans la foule, mais en Amérique, j’ai toujours une cible sur le dos parce que je suis noir”, a-t-il ajouté en comparant le climat social en Afrique et en Amérique avant de partager le témoignage d’une vidéo tournée lors d’une manifestation, en Californie. En effet, elle devrait interpeller chaque africain au delà même des frontières de l’Amérique: ” la meilleure façon pour les Africains d’Amérique de soutenir les Afro-Américains est de se tenir à nos côtés et de comprendre que nous sommes tous les mêmes“, a lâché un manifestant.

En poursuivant son entretien avec Tom Gitaa, éditeur du journal Mshale, parti d’Afrique depuis 30 ans pour s’installer à Miniapolis, au sujet du mutisme observé par certains africains après le décès de Georges Floyd, il reconnaît volontier que de nombreux africains n’ont pas eu cette éducation de droits civils, ce qui expliquerait leurs postures passives. “Mais avec des problèmes comme la brutalité policière et la discrimination sur le lieu de travail, nous sommes confrontés à beaucoup de choses que les Afro-Américains ont vécues au fil des ans”, a-t-il ajouté pour convaincre les plus septiques.

Les stars hollywoodiennes en fervents défenseurs

Les célébrités africaines qui se sont fait le plus remarqué récemment, c’est d’un coté l’actrice oscarisé Lupita Nyong’o et le comédien Trevor Noah, qui grâce à la force de leurs plateformes de réseaux sociaux très suivis par des millions de personnes, soutiennent les manifestants afin que justice soit faite.

L’Union africaine s’est également indignée

L’Union africaine (UA), connue pour son mutisme légendaire et sa partialité aux côtés des plus forts, cette fois n’a pas hésité a se lever pour faire entendre sa désapprobation face à ce quelle juge acte inhumain. A cet effet, elle a publié une rare déclaration condamnant la mort de Floyd et demandant au gouvernement américain de “garantir l’élimination totale de toutes les formes de discrimination”.

Le retour des afro-américains sur le continent

C’est certainement l’un des projets les plus évocateurs organisés l’année dernière, “le festival Afrochella” au Ghana en décembre, sous l’impulsion d’Abdul Karim Abdullah. Plusieurs afro-descendants ont fait le voyage de retour en Afrique pour marquer “l’année du retour” là où tout à démarrer notamment avec le départ de leurs ancêtres qui ont été enlevés il y a quatre-cents ans.

Samuel Lee Jackson, l’un des “box-officer” américains qui n’est plus a présenté dans l’univers du septième art hollywoodien est venu sur les traces de son passé et c’est en Afrique Centrale précisément au Gabon que ce dernier a déterré ses racines endormies près chez le peuple Benga.

L’initiateur de ce concept novateur, voit en cette plateforme un moyen qui pourrait unir la diaspora noire, appelée à faire face à des défis majeurs auxquelles elle sera confrontée comme c’est le cas aujourd’hui avec la lutte du suprematisme blanc.

Le monde du sport n’est pas en reste sur la condamnation du racime ant-noir

Les exemples en milieu du sport sont légions, les stars du football, basket-ball, football américain et bien d’autres ont mondialement marqué leurs soutiens pour l’éradication de cette pratique moyenâgeuse qui vise le rabaissement de la communauté noire au rang d’animaux sauvage. A titre d’exemple il y a quelques semaines l’international footballeur gabonais, Kanga Guelor, évoluant en première division Tchèque n’a pas manqué de mettre un genou au sol et levé le point après avoir inscrit son but, même son de cloche pour le latéral gauche du Real de Madrid (Espagne), le brésilien Marcelo, a adopté la même posture en mémoire de tous les Georges Floyd assassinés ou victimes d’injustices.

Africains ou pas, tous les noirs débout pour vaincre le racisme anti-noir et des brutalités policières !

L’injustice envers les Noirs, où qu’elle se produise, est une injustice. Nous devons nous lever et nous battre ensemble, en toute solidarité“, a-t-on pu lire sur les réseaux sociaux durant cette vague de soulèvement américaine. Il n’aura échappé à personne que durant les mouvements de contestation aux États-Unis où ailleurs la communauté africaine aux États-Unis a battu le bitume et poussée des cries aux côtés des militants de Black Lives Matter, a soutenu les protestations contre la domination blanche, à même financièrement  contribué aux causes de justice sociale et ont organisé leurs propres événements pour montrer l’unanimité mais surtout la solidarité de la communauté noire face à ces injustices.

Les drapeaux de pays africains au même titre que celui américain est arboré par plusieurs militants. Preuve une fois de plus que l’Afrique n’a jamais tourné le dos aux réalités que vivent leurs semblables opprimés partout sur le planète.

Être noir d’Haïti, du Gabon ou d’un autre coin du monde doit conduire chaque personne noire à réaliser que la discrimination raciale n’est pas une question de nationalité, car le racisme et en particulier le racisme anti-noir affecte tout le monde.

 

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