L’éducation, l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes au Gabon et en Afrique: pourquoi ça du mal à démarrer réellement?

Depuis quelques années, aussi bien au Gabon que dans la plus part des pays d’Afrique et du monde, les maîtres mots sont: entrepreneuriat des jeunes et le numérique comme facture de développement des pays africains! Gabon, lors de son allocution en 2016, le Président de la République avait incité la jeunesse à se lancer massivement dans l’aventure de l’entrepreneuriat. En 2018, en faisant référence au rapport sur la task force sur l’éducation, il pointait du doigt les enseignants sur leur rôle principal sur le mauvais rendement des élèves gabonais.

Entrepreneuriat des jeunes au Gabon

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Beaucoup d’initiatives aussi bien du côte du gouvernement que des entreprises privées ont vu le jour; des concours pour les meilleurs projets d’entreprises ont été lancés, des incubateurs ont vu  le jours et continuent à voir le jour; des institutions financières se lancent même dans ce challenge. Mais on a toujours l’impression que rien ne bouge!

Parallèlement, les jeunes continuent à dévoiler leurs idées novatrices, ils vont toujours à la recherche de financement sans pour autant cogner à la bonne porte.

Alors, pourquoi l’entrepreneuriat des jeunes au Gabon à encore du mal à véritablement décoller? Nous allons essayer, dans les lignes qui suivent, de donner quelques sources du problème.

Des agents qui se servent du public au lieu d’être au service du public

Vous vous souvenez de la phrase lancée par le Président de la République sur la nécessite de placer “l’homme qu’il faut, à la place qu’il faut“? Et bien c’est loin d’être le cas. Peut-être que justement, les hommes qu’il faut vraiment manque, du coup, on est obligé de mettre l’homme qu’on peut à la place qu’il faut?

Le gros problème c’est que  les personnes vraiment qualifiées pour occuper certains postes stratégiques, notamment les poste qui concerne le secteur de l’entrepreneuriat au Gabon, ne sont pas souvent ceux à qui ont fait appel.

Dans un pays où tout est contrôler par la politique, Les personnes nommés à des postes de responsabilité sont plus préoccupées par le maximum d’argent qu’elles doivent amasser, tant que le temps le leur permet, car du jour au lendemain, elles peuvent être éjectées. L’impression que ça donne c’est que le pouvoir politique au Gabon est un système ou chacun passe pour prendre sa part du gâteau. Le service public importe très peu!

Des agents plus au service des individus plus tôt qu’au service de la nation

Ce problème est presque similaire à ce que j’ai décrit un peu plus haut: des personnes nommées à des postes de responsabilité au Gabon sont plus au services des individus, plutôt qu’au services de la nation. En effet, le système veut que quand une personne est nommée au poste de ministre par exemple, ce dernier forme lui-même son cabinet. Malheureusement, ce cabinet sera composé que des personnes appartenant au cercle immédiat de la personne nommée: frère, cousin, copine, tante, oncle, femme, mari, etc. Toutes ces personnes seront durant tout le ministère de ce ministre au service de ce dernier. Et ce ministre lui-même sera au service de celui qui la mis là ou qui a contribuer à le mettre là. Alors, si vous l’avez nommé pour résoudre les problèmes de l’entrepreneuriat des au au Gabon, c’est peine perdue!

Des agents sans aucune maîtrise de ce pourquoi ils ont été chargés et très en retard sur leur temps et qui ne comprennent pas les enjeux de leur fonction

Revenons sur la fameuse phrase: l’homme qu’il faut à la place qu’il faut! La réalité au Gabon c’est que les personnes ou les agents qui sont sensés trouver des solutions pour résoudre les problèmes de l’entrepreneuriat des jeunes au Gabon ne sont pas toujours qualifiées pour, ou bien n’ont aucune idée des enjeux de ce secteur.

Au moment où on parle d’entrepreneuriat numérique, vous allez souvent avoir affaire à des personnes qui ne savent pas pas utiliser un ordinateur. Mais c’est eux qui doivent prendre des décisions! Comprenez vous-même la difficulté de remarquer une réelle accélération dans ce secteur.

Des textes réglementaires à fort enjeux politiques et pas souvent axés sur une réelle volonté entrepreneuriale

Tout le temps, à chaque conseils des ministres on décrète de nouvelles résolutions, on vote de nouvelles lois et réglementations censées accélérer le processus de développement de l’entrepreneuriat des jeunes au Gabon, mais l’impression qu’on a, que les jeunes ont c’est c’est que politique eux aussi se sont lancés dans le jeux du buzz! On a l’impression que c’est juste de la fumée, dans le but de convaincre l’opinion public que les choses avancent, alors qu’en réalité c’est juste pour satisfaire les égos politiques de beaucoup.

Des structures financières ayant assez d’argent pour investir dans l’entrepreneuriat dans jeunes mais ayant encore beaucoup peur de prendre des risques

Ce ne sont pas des idées qui manquent! Les jeunes en Afrique débordent d’idée novatrices. Le problème c’est que les gens ont de l’argent en abondance, mais ont du mal à aller véritablement à la recherche d’idée qui pourraient pas simplement être rentable mais aussi utiles aux populations. Ils ont de l’argent mais on dirait qu’ils ne savent pas quoi en faire pour véritablement aider l’entrepreneuriat des jeunes au Gabon.

Si vous attendez qu’un jeune avec une idée novatrice puisse préalablement avoir un compte garni au Gabon, alors là, vous attendrez longtemps. Je pense que si les institutions financières au Gabon et en Afrique veulent vraiment faire avancer les choses, il va peut-être falloir qu’il apprennent à aider les jeunes sous formes de prêts ou de dons. Je pense que le meilleur mode de financement des entreprise en Afrique devrait reposer sur: des financements externe ou des subventions d’investissement.

Le Gabon regorge de jeunes entrepreneurs bourrés de talent mais n’ayant pas trop confiance aux politiques et réelles motivations des institutions financières. 

Lorsqu’un jeune va à la conquête d’un financement après d’une structure financière, il est très vite confronté au problème de la rédaction de business plan, de business modèle, de plan financier, etc. Bien sûr, ces documents sont indispensables pour que le bailleur de fonds ait une idée claire du projet et s’il sera rentable à court ou à long terme.

Mais ce que les gens oublient très souvent c’est que c’est que les jeunes n’ont aucune connaissance dans la rédaction de ces documents souvent très techniques.

La mode maintenant, c’est de conseiller aux jeunes de consulter des comptables et de s’inscrire à des programmes de coaching. Le comptable va te demander pas moins de 500.000 FCFA pour l’établissement d’un plan financier et l’incubateur va te proposer des forfaits de coaching avoisinant souvent le million de FCFA! Mais le jeune n’a que son idée! Où va–t-il trouver tout cet argent?

Une des solution serait que l’Etat accompagne les porteurs de projets dans ce sens en ouvrant un guichet unique qui puisse permettre à ces porteurs de projets d’être accompagnés gratuitement par des spécialistes dans la rédaction de tout ces document, avant de les proposer aux organismes de financement.

L’autofinancement: une habitude impossible dans une société lacérée par la pauvreté et le lien familial.

J’ai souvent entendu dire, depuis des années que les gabonais sont paresseux, ils n’aiment que la politique et le bureau. C’était certainement vrai à une époque donnée. Et même si les habitudes on la peau dure, il faut quand-même reconnaître que sous l’impulsion de Président de la République, les mentalités changent petit à petit et beaucoup de jeunes se lancent véritablement dans l’entrepreneuriat, malgré les difficulté à trouver du financement.

Tout le monde le sait, nos frères expatriés ont plus d’argent que nous! Certains n’hésitent même pas à abuser de notre degré de pauvreté pour s’enrichir, avec la complicité bien sûr des hommes de pouvoir, en développement tous les jours des mécanismes d’appauvrissement de masse.

Bref, tout cela pour dire que comparer un jeune gabonais et un jeune camerounais ou burkinabé est selon mon une aberration!

Le burkinabé, commence le business dès son enfance, loin de chez lui, loin des contraintes familiales, dans un pays où l’argent coule à flot! Il a donc tout le temps d’épargner et d’envoyer de l’argent vers son pays pour investir et s’occuper de sa famille.

De l’autre côté, je jeune gabonais grandit à l’école, parce qu’il a après que seul l’école est l’avenir. Il fait des études pour être ingénieur, docteur, etc, dans une famille qui n’arrive pas à joindre les deux bouts mais qui fait des efforts pour l’envoyer à l’école et à l’université chaque matin, tout en espérant que lorsqu’il aura les moyens, ce sera à son tour de s’occuper de la famille.

Alors, comment voulez-vous qu’une telle personne arrive à épargner pour s’autofinancer, lorsque tous les espoirs reposent sur lui, quand toute une famille compte sur lui pour rapporter un sac de riz à l’école?

On encourage les porteurs de projets à épargner, les banques regorgent de comptes d’épargnes ouverts par des jeunes, mais combien sont réellement alimentés?

Il n’existe pas de réels mécanismes d’autofinancement au Gabon qui puisse permettre à une jeunesse entreprenante de générer des fonds propres pour le financement de leurs projets. beaucoup sont à la recherche de plateformes de financement participatif pour pouvoir lever des fonds, mais les plateformes qui ont une grande réputation sur occidentales et pas accessibles aux personnes extérieure à l’UE.

En Afrique centrale, heureusement, dès choses sont entrain d’évoluer, des plateformes de crowdfunding voient le jour et au Gabon, une plateforme de financement participatif existe déjà, mais elle a peut-être besoin d’un soutien de la part des autorités ou autres organismes financiers.

Des entrepreneurs plus axés sur les métiers du tertiaire administratif plutôt que les les métiers techniques, technologiques et numériques.

Entrepreneuriat des jeunes au Gabon

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Vous avez remarqué le nombre de jeunes gabonais diplômes en commerce, en marketing, en gestion administrative, en ressources humaines, en comptabilité, etc, et beaucoup plus de jeunes dans les administrations publiques? Mais très peu dans les métiers du numérique, peu son développeur web, développeur mobile, spécialiste du SEO, data scientist, webdesigner,etc. Ils sont très peu et ceux qui sont là n’ont pas forcément les compétences nécessaires pour développer des produits numériques de haute qualité!

Je pense que le  problème du chômage des jeunes aujourd’hui réside aussi dans le faite que tous veulent entre embaucher, alors que les structures d’accueil manquent et que le peu de petites entreprises qui commencent à peine ne peuvent embaucher que des freelancers.

Comment l’entrepreneuriat des jeunes au Gabon, dans le domaine du numérique peut prendre son envole si le nombre de personnes qualifiées est quasiment nul? Travailler en son compte c’est pas forcément créer son entreprise et être à court terme être confronté au problème du financement, mais c’est aussi de louer ses services à des entreprises qui ont besoin d’une expertise spécifique, surtout dans le vaste secteur du numérique.

Un consommateur pas très emballé par le made in Gabon ou le made in Africa.

L’autre problème qui fait que l’entrepreneuriat des jeunes au Gabon et en Afrique ne puisse pas décoller c’est le fait que les consommateurs soient formatés et éduqués pour apprécier les produits de l’extérieur et de minimiser (ignorer, mépriser) les produits locaux.

En effet, les grandes entreprises internationales nous ont habitué à ne pas  faire confiance à tout ce qui se fait localement. Lorsque que vous présentez un nouveau produit sur le marché local, les premières impressions et commentaires sont quasiment systématique: ça ne durera pas!

Donc, entre un téléphone de dernière génération, avec toutes les fonctionnalités inimaginables, mais fabriqué au Gabon, et un Samsung peut-être moins outillé, le choix est vite fait; quasiment 98% de consommateurs préféreront acheter le produit Samsung, peu importe son prix (plus élevé généralement).

Donc il y a un problème d’éducation aussi. Il va falloir que les consommateurs africains arrivent à faire confiance aux produits locaux pour que les créateurs africains puissent eux aussi exporter un jour vers l’extérieur, car toute internationalisation d’une économie, commence d’abord par une conquête intérieure.

Mais ce problème n’est pas spécifique au Gabon mais aussi à l’Afrique francophone, comme le souligne le  site internet Brazzamag.com

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