[Histoire] Colonialisme : Faut-il supprimer tous symboles colonialistes en Afrique ?

Le récent décès du citoyen américain Georges Floyd dès suite de violences policières, a soufflé sur les braises de charbons ardents du sempiternel débat sur le colonialisme. Face à la résurgence actuelle des drames sur la communauté noire, les panafricains tranchent pour le gommage de toutes traces liées à cette période sombre de son histoire, afin de céder la place à ses valeurs ancestrales.

La France s’est faite l’écho des mouvements contestataires qui secouent actuellement les États-Unis. La disparition, d’Adama Traoré, tout aussi mort sous les coups de brutalités policières. Bien qu’étant derrière nous, l’histoire est convoquée pour restituer le rôle de chaque monument au sein des sociétés negros-africaines.

le principe même d’évoquer des “aspects positifs” à la colonisation est discutable, puisque celle-ci est un processus caractérisé par l’occupation et l’exploitation d’un territoire et la mise sous tutelle d’une société. En tant que telle, l’ensemble des actions menées en son nom et dans son cadre, y compris la construction d’infrastructures, d’hôpitaux, d’écoles, etc. Vise à faciliter l’exploitation de la population et du territoire colonisés au profit de la métropole et de ses colons

Les afro-descendants par média interposé clament haut et fort leur désir de réécrire l’histoire coloniale. Cette lecture, passe inéluctablement par une posture de réappropriation de valeurs passéistes qui répulsent tout symbole marquant la présence occidentale.

Un changement de prisme de lecture

Afrique, monuments et colonialisme

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L’activiste Kemi Seba, connu de tous pour sa verve dure à l’encontre des gouvernements, mouvements dits “anticolonialistes”, figure emblématique du panafricanisme contemporain a marqué son mécontentement, le 27 juin 2020, lorsqu’il s’est agit de se prononcer sur la grogne actuelle qui secoue le monde. Face aux “pensées-fausses” véhiculées par le “Black swagg américain “,  qui selon lui, reste une vision erronée portée par les afro-américains qui continue d’induire les noirs dans l’erreur. Le fameux “rêve américain ” est une utopie bien orchestrée pour couvrir les atrocités dans lesquelles ces derniers sont embrigadés.

“L’autodétermination”, reste son cheval de bataille, il obvie également sur ces “profito-situationnistes” qui sentant le vent tourné change de fusil d’épaule c’est le cas de certains partis politiques français de gauche, de droite, du centre ou même personnalité publique. Il existe comme une dichotomie à côtoyer certains visages connus qui de manière volontaire, veulent plus redorer leur image plutôt que d’apporter une aide concrète basée sur un détachement de ce système esclavagiste.

Rebaptisé les villes, écoles et rues de noms de héros locaux

Plusieurs édifices urbains notamment villes, statuts, écoles ou même rues témoignent fortement du passage de personnalités esclavagistes ou colonialistes qui jonchent les grand espaces de nombreux pays d’Afrique, d’outre-mer ou même des Caraïbes.

Deux thèses s’affrontent ouvertement, d’une part celles des historiens qui affirment que la présence de ces représentations appartiennent à l’histoire. Tandis que, les défenseurs de la cause noire rétorquent qu’ils ont conduit ces états au fond du précipice avec leurs actions.

Plusieurs écoles africaine, sont estampillées du patronyme de Jean-Baptiste Colbert, ancien ministre de Louis XIV à l’originaire de l’affreux “code noir”. Il s’agit d’un document contenant les règles relatives au fonctionnement de la vie sociale, religieuse et politique des peuples soumis à leur autorité. Des articles horribles et inhumains réduisant l’homme à l’état animal sont inscrits noir sur blanc au bonheur des tortionnaires des noirs. Eu égard,  ce qui précède comment peut-on considérer qu’une telle personne peut-elle être élevée au rang de personne bienfaitrice ?

S’il est normal pour leurs congénères occidentaux qu’il est une place de choix historique, ça l’est moins pour leurs victimes. Car, le sang, les cris et autres supplices endurés doivent être condamnés de la façon la plus vigoureuse qui peut exister sur terre. Le colonialisme, l’esclavagisme sont des crimes contre l’humanité auxquels les auteurs doivent une réparation.

A l’heure de la mondialisation, chaque peuple, pays  devrait avoir son identité culturelle à offrir dans le concert des nations. Que ces villes, rues et établissements scolaires sur la planète se dévêtissent de ces identifiants, pour narrer les faits de vaillants personnages tels que les guerriers Wongo, Emane Ntole qui tous deux se sont opposés  a l’invasion des colons au Gabon. L’Aphrodite devrait servir à raconter des récits favorables à chaque civilisation et non à être réduit à un ressentiment collectif. A l’instar de Colbert, il y a eu d’autres à savoir le Général de Gaulle, Napoléon Bonaparte qui eux aussi ont vu leurs noms inscrits en lettre d’or dans les livres.

Réformer les systèmes académiques

L’école coloniale laisser aux bons soins des missionnaires, à n’en point douter fut l’un des principaux vecteurs de valeurs coloniales. Loin d’instruire les noirs, elle se veut être un relais officiel d’obscures intentions qui ne visent que ses intérêts d’asservissements. Pis, elle a inoculé son venin dans la conscience collective afin que ces personnes qui ont détruit l’Afrique soient vêtues de parures héroïques.

Leur soi-disant instruction, avait pour visée de permettre aux noirs d’apprendre leurs langues afin de servir d’interprètes à ces négriers vis-à-vis des peuples locaux. Pour mieux asseoir leur domination, ils continuent d’utiliser l’école avec son système de large diffusion imposé à tous de rapporter leur passé glorieux. Et l’apprentissage du français comme langue nationale a facilité leur dessein. Il est plus que nécessaire pour ces peuples dits “indépendant” d’intégrer les langues locales dans les systèmes d’enseignements actuels afin que Les persécutés réécrivent leur propre histoire. Le rôle de la langue est également de favoriser les liens qui unissent les membres les citoyens d’un même État.

Le Christianisme, principal vecteur du colonialisme et de l’esclavagisme

Au début du XXIème siècle, l’Afrique est le continent où le nombre de chrétiens augmente le plus vite, en dépit du fait qu’elle ait été originellement imposée par les missions ayant accompagné la colonisation européenne. La religion a clairement assumé son rôle considérable dans le processus d’acculturation des sociétés africaines, à l’époque coloniale comme après les indépendances. En effet, le fait religieux fut un outil idéologique essentiel pour mener à bien cette mission périlleuse. Le progrès du christianisme était donc assimilé à celui de la civilisation. Car, les missions prenaient souvent en charge l’apprentissage de la lecture et de l’écriture aux peuples autochtones dits “indigènes”.

Les peuples colonisés ne furent pas que des victimes apathiques qui reçurent de façon “passive” le message d’une religion transmise par des colonisateurs “actifs”. Ils assimilèrent, réinterprétèrent, transformèrent la religion transmise, avec créativité, en fonction de leurs propres racines religieuses. En outre, le fait religieux entrait dans des stratégies de mobilité sociale, puisque devenir chrétien permettait de mieux s’intégrer dans la société coloniale. De plus, le christianisme était considéré, et cette vision perdure aujourd’hui comme un facteur de modernité, face à des cultes locaux dits traditionnels, dans une forme d’opposition binaire qui reproduit la hiérarchisation des croyances qui fait du christianisme le sommet et les cultes ancestraux le pied de l’échelle.

Toutefois, un fait marquant et pas des moindres est qu’il suffit de se plonger dans les textes chrétiens pour y percevoir leur dimension euro-méditerranéenne. L’ensemble des références géographiques mentionnées y concernent l’Europe méditerranéenne et le Moyen-Orient, et à aucun moment on y découvre l’existence de peuples d’Afrique subsaharienne (en dehors de ceux de la vallée du Nil peut-être), d’Amérique précolombienne, d’Océanie ou d’Asie extrême-orientale. Concernant la remise en cause de cette religion qui est inexistante, parce que les niveaux d’éducation sont faibles dans de nombreux pays où elle prolifère, ce qui peut faciliter l’embrigadement des masses dans certaines sociétés.

Jomo Kenyatta, premier président du Kenya, avait déclaré en son temps : “Lorsque les premiers missionnaires sont arrivés en Afrique, ils avaient la Bible et nous la terre. Ils nous ont appris à prier les yeux fermés. Quand nous avons rouvert les yeux, nous avions la Bible et eux la terre”. Le rôle majeur qu’à joué l’église est une supercherie bien orchestrée avec la complicité d’une minorité de noire inculte.

Loges maçonniques, une arme silence

Présent dès l’aube du colonialisme, la Franc-maçonnerie, la Gnose et autres regroupements d’écoles de mystères ont élu domicile et infiltré les mouvements panafricains afin d’endormir toutes tentatives d’éveil de conscience et de soulèvement. Bien huilées pour maintenir ces peuples en servitude, elles ont réussi le pari d’avoir la main-mise sur le pouvoir décisionnel. C’est le cas de certains pays d’Afrique noire, où les présidents furent des éminences pyramidales des obédiences locales et étrangères. Dans les multiples crises qui accompagnaient les systèmes démocratiques établis sur le continent, les francs-maçons africains se sont efforcés souvent à  jouer un rôle de conseiller pour mieux manipuler les Chefs d’État tels de vulgaires marionnettes. Une fois enrôler dans leur apparat de confrérie, ils jouissaient abondamment des largesses du pouvoir et tissèrent leur toile sans embarras au sein de l’appareil étatique. Grâce à ce superflu et des moyens colossaux dont ils disposaient, que ces derniers ont pu gagner la confiance aveugle de nos dirigeants cupides et avide de pouvoir. Ce système, était tellement bien implanté au cœur du pouvoir qu’il était devenu indispensable pour s’attabler aux affaires. Seul un retour à ce qui fait notre singularité spirituelle peu mettre fin à cette mascarade tentaculaire.

Retour traditionnel s’impose

Aujourd’hui, plus que jamais nous devons pouvoir retourner nos pas vers une réappropriation de l’héritage de nos ancêtres. Nous devons aller sous les temples de rites initiatiques où les conteurs à coups de récits, épopées nous relataient nos origines mais aussi la direction à emprunter afin que nul ne s’y perdre dans cette théâtralité mondialisée nommée “modernisme”. Il faudrait pouvoir écouter le chant de nos ancêtres avisés sur les moindres secrets de la nature. Prier, parler comme les occidentaux ne fera pas de nous de personnes authentiques,  en revanche nous exprimer dans nos langues  pour défendre nos intérêts serait le plus bel hommage que nous pourrions offrir à nos devanciers.

 
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