Structure linguistique de l’article « La porte de la liberté : un monument riche en symboles », paru le 26 mars 2014 dans le quotidien gabonais l’Union.

Il s’agira ici de faire une analyse critique et linguistique de l’œuvre de maitre Minkoe Mi Nze, réalisée au bord de mer de Libreville, juste en face du palais présidentiel Leon Mba et dont le nom est « La porte de la liberté ». Nous allons surtout analyser les différentes parties linguistiques (titre, texte, légende) et iconique (photographique) pour essayer d’établir le rapport qu’il y entre eux.

Le message icono-symbolique et linguistique de la liberté

Iconiquement, il s’agit de photographie du monument sculpté par Maitre Minkoe Mi Nze, photographié par Aristide Moussavou et représentant un personnage androgyne (mi femme mi homme), aux allures d’esclave presque libéré, pas complètement sur ses jambe puis que visiblement encore un peu à genou, entre deux pilés sculptés et représentant des personnages, des figures géométriques, des masques traditionnels. Un autre détail c’est que le personnage fait face au palais, le dos vers la mer, comme s’il débarquait d’un navire d’esclaves.

Maître Minkoe Mi Nze: la porte de la liberté: Gabon

©panoramio.com

Linguistiquement, cette description résume parfaitement le texte de l’article. On peut lire dans la légende des photographies : « Ce personnage androgyne du monument situé en face du palais présidentiel symbolise les esclaves libérés, lesquels ont fondé Libreville en 1849. Photo de droite, le monument permet de revisiter l’histoire du Gabon et de la traite négrière ».

En faisant une lecture du texte, on peut de prime abord constater effectivement que l’image ou les images renvoient à la partie littéraire de l’article, que ce soit au niveau de la légende, du titre et du contenu de l’analyse. « La porte de la liberté représenterait effectivement « la liberté de l’esclave » et par ricochet, le débarquement des esclaves libérés et la fondation de Libreville. Le titre n’est que le résumé de la légende, qui elle-même n’est que le résumé du texte, lequel texte représente la description, la représentation linguistique des photographie.

L’auteur utilise ainsi un procédé d’ekphrasis pour mieux concilier images et texte, donc à travers une description détaillée de l’époque esclavagiste ; une description d’abord symbolique et vérifiable en examinant les photographies elles-mêmes mais aussi une description historique.

Il est donc clair que le titre, le texte et la légende entretiennent un rapport d’ancrage avec les images, dans la mesure où ceux-ci réduisent les interprétations, influencent le sens premier que l’on pourrait leur (les images) attribuer. Le texte, la légende et le titre orientent, guident, restreignent la perception des images. Cette fonction d’ancrage empêche une interprétation subjective et ne donne qu’un sens unique aux images et qui est celui de l’esclave, de la libération de l’esclavage, et pour ceux connaissant un peu l’histoire du Gabon, précisément de Libreville, celui de la fondation de cette ville. Il y a donc une relation de complémentarité entre les images et le texte, entre les mots et l’image, dans la mesure où le message des textes vient suppléer les carences expressives des images, en ce sens qu’elles sont incapables de formuler des précisions sur des indications temporelles et spatiales.

Ainsi, le sens dénoté de ces images revoit systématiquement aux mots de l’article, du moins, en substance.

Mais il faut avoir une vision artistique plus étendue pour comprendre que cette complémentarité n’est pas aussi flagrante que cela.

Le paradoxe de l’analyse

La porte de la liberté: sculpture gabonaiseEn effet, cette images, ayant aussi un ou des sens connotés aussi vastes, pourraient faire l’objet de plusieurs interprétations qui seraient en contradiction avec le texte lui-même. Il y a par exemple dans le texte, des interprétations révélées par l’auteur de l’article, qui pourraient troubler certains. Au début du texte il est écrit : « …La porte de la liberté est un condensé de symboles historiques qui traduisent la liberté de l’esclave, la liberté intérieure de l’homme, la liberté d’expression et la diversité culturelle gabonaise ». On pourrait se poser la question de savoir de quelle liberté s’agit-il ? Comment peut-on être libre en ayant encore ses chaînes et pas vraiment debout ? La porte de la liberté ne serait-elle pas une manière pour l’artiste de dénoncer au contraire, la face supposé cachée la politique internationale (les relations bilatérales entre le Gabon et son colonisateur), et nationale (les relations entre l’administration gabonaise et son peuple), d’où le caractère androgyne et la position du personnage ? La porte de la liberté ne serait-elle pas une manière pour l’artiste d’émettre des signaux quant au caractère des relations qu’il entretient entant qu’artiste avec la politique, et qui ne lui donne pas la liberté de dire ce qu’il pense ? Enfin, la porte de la liberté ne serait-elle pas une insulte aux autorités, incapables d’entendre les injures qui retentissent à leur balcon ? Car seul un artiste peut les leur transmettre.

Ma liberté commence où s’arrête celle des politiques.

Il y a des choses que l’on ne devrait pas dire ou publier dans les journaux, sur les blogues, à la télévision, à la radio, etc; et c’est là que la liberté en général et la liberte de la presse en particulier, prend tout son sens. Pas de mensonge, pas de liberté. Que ce soit du côté des médias internationaux ou locaux, chaque met tout en oeuvre pour que ce qui ont en charge d’informer le monde, puissent bien le faire, c’est à dire essayer de cacher ce qui est pourtant évident, dans la mesure ou tout est connecté. Pourquoi vouloir cacher ce qu’on sait déjà avant qu’on ne projette de cacher? Au Gabon, tout le monde le sait, la vrai information est généralement véhiculée par la rumeur, une rumeur qui fait souvent son chemin depuis le palais présidentiel, jusqu’à la buvette de mussungou (vin de canne), en passant par toutes les administrations, les grandes Ecoles et Universités.

Il est évident que l’auteur de cet article, poussé par l’idéologie n’a fait que montrer, décrire ce qui est connu de tous et qui n’est ni nouveau ni pertinent, aussi bien pour les gabonais lambda que pour les plus intellectuels de la société. Pas question de s’attirer les foudres des “loups” (la basse société n’est que du bétail, ref crimes rituels). Qu’est-ce qu’il ne faut pas écrire ou dire pour non seulement conserver son bout de pain, mais aussi éviter la prison ou, au pire des cas, la mort.

L’intemporalité de ce chef d’oeuvre artistique.

La porte de la liberte, comme nous l’avons montrer plus haut, est une oeuvre d’art qui traverse et qui traversera le temps et l’espace. Il s’agit là d’une oeuvre décrivant les réalités relationnelles entres les nations qui ont acquis leur puissance par la tromperie et le vole, et celles qui pense être souveraines et qui refuse encore, au troisième millénaire, de se lever complètement et de se débarrasser de toutes les chaines de l’esclavage. Mais c’est peut-être une illusion, car le monument du bord de mer de Libreville, tant qu’il aura la même posture, cela voudra toujours dire que nous sommes toujours à genoux. un esclave, même affranchi, continu à subir la brimade de son maître (oups! Je n’est pas dis: son ancien maître!).

En conclusion, tant que l’art existera, les hommes auront toujours l’information la plus exacte de leur existence, tant qu’il aura d’un côté les apparences, et de l’autre, le message; ce message qui vous parle individuellement et qui n’attend pas qu’on lui donne la parole pour s’exprimer. Le message s’exprime tout seul et le message politique de l’oeuvre d’art restera toujours la seule et unique forme  de liberté d’expression des” hommes de l’esprit”.

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