INTRODUCTION    

Si certains dictionnaires décrivent le mythe comme étant un récit fabuleux traditionnel à travers lequel s’exprime symboliquement une conception du monde, il dit aussi que c’est une valeur consacrée qui sert de ligne de force collective. On doit surtout tenir en compte que le mythe est d’abord définit comme étant un récit, donc une histoire sacrée, une histoire vraie. Et c’est à ce propos que Mircea Eliade va dire que : « le mythe raconte une histoire sacrée ; il relate un événement qui a eu lieu dans le temps primordial, le temps fabuleux des commencements ». C’est ainsi que pour essayer d’étayer ce point de vue du mythe, nous allons prendre pour support le mythe nzebi, récit écrit par un écrivain poète gabonais, OKOUMBA NKOGHE ; et tenter d’établir le lien qui réside entre ce mythe et la réalité, afin de mesurer la portée véridique du récit. Pour cela, nous identifierons sa fonction et ressortir les différents domaines mythiques et littéraires qui constituent le fond même de son organisation scientifique et historique.

SOMMAIRE.

I-PRESENTATIONS
• Biographie de l’auteur
• Présentation de l’œuvre
• Fonction du mythe
II-LES DIFFERENTS DOMAINES DU MYTHE
• Domaine historique et sociologique
• Domaine moral
• Domaine esthétique
• Domaine philosophique et métaphysique
• Domaine psychologique
CONCLUSION

I-PRESENTATIONS

1-Biographie de l’auteur.
Maurice OKOUMBA-NKOGHE est né le 6 août 1954 à Alélé dans le Haut-Ogooué .Il est poète et écrivain gabonais. Il commence ses études à Franceville jusqu’en classe de 1ère. En 1974 il obtient son baccalauréat A4 au lycée d’état d’Oyem De 1976 à 1982 il passe la licence la maitrise et le doctorat 3eme cycle option lettres modernes. Il est recruté à l’université Omar bongo comme professeur de littérature française. En 1986 il est Conseiller technique au ministère de la culture. En 1987, il fonde l’union des écrivains gabonais (UDEG) ; et est nommé secrétaire du CICIBA (centre international des civilisations bantu). En 1989, il est nommé conseiller chargé des affaires culturelles. De 2003 à 2004, il est nommé à la direction du département des lettres modernes à la faculté des lettres et des sciences humaines de l’Université Omar Bongo ; et à celle de l’ UDEG.
Maurice OKOUMBA-NKOGHE ne nait pas écrivain, mais le devient. Avec une enfance un peu dure, il vit les quatre premières années de sa vie dans la misère avec sa mère ; et à la cinquième année est arraché de force à l’affection de cette dernière par son oncle et sa tante (cadets de sa mère) afin d’étudier en ville. Il trouve réconfort dans les livres afin de surmonter l’absence et la misère. Il devient aussi écrivain, par hérédité car son père écrivait déjà dans les différentes revues de l’AEF ; dont la plus célèbre est, « Réalités gabonaises. »Par rapport au mythe nzebi, c’est en assistant à une conférence animée par florence Bikoma, du département d’anthropologie à l’université Omar bongo sur le mythe nzebi, que son intérêt nait. Ainsi, séduit par ce mythe une curiosité va l’emmener à connaitre plus et à le reprendre en faisant sienne la forme narrative qui sera « l’expression fondamentale »de sa personnalité, tout en restant fidèle à la ligne directrice de la version (Introduction, page 4 et 5).Notons que le mythe Nzébi d’Okoumba Nkoghé n’est que la cinquième version adressée particulièrement « aux descendant de Koto qui cherchent leur passé, leur nom, leur race, leurs ancêtres ».

2-Résumé du mythe.
Nzebi est un mythe cosmogonique qui relate l’histoire originelle du peuple Nzebi. En effet, tout commence dans un village construit en forme rectangulaire sous l’ordre de Nzembi-a-pungu, Dieu inspirateur. Ayant comme nom Koto, et dont le chef fut Peghanzanga, lui-même fils de Manonzo, créateur du village. Ce dernier fit beaucoup d’enfants mais surtout des filles dont l’une d’elles sera enceinte et mettra au monde un enfant de sexe féminin nommée Nzebi, et qui apportera la décadence, dans ce village. Mais la terrifiante beauté de Nzebi fit que tout le monde voulu d’elle, malgré le fait qu’elle fut déjà mariée à Nganga Moussoumbi, le cousin lointain de son oncle. Et cela créa de profonds troubles dans la communauté. Pour préserver la stabilité de cette dernière, les hommes décidèrent de se débarrasser d’elle. La jeune femme, avertie par un des membres du conseil qu’elle remercia à sa façon, s’enfuit et se retrouva au village des singes (Leyogho), de l’autre côté de la rivière Nzéli. Là-bas, elle chanta pour demander asile. Après plusieurs années, la beauté de Nzebi opéra encore et c’est ainsi qu’elle eut sept garçons. Plus tard, l’un des sept alla s’accoupler avec une file de Koto et déclencha par la même occasion une guerre entre les deux villages et la destruction du village de Koto. Apres la mort de nzébi, les frères se séparèrent et fondèrent chacun de son coté un village. C’est ainsi que les clans issus de la descendance du premier homme, Manonzo, furent créés.

3-Fonction du mythe nzebi.
Tel que l’introduction de l’œuvre le souligne, Nzebi est un mythe cosmogonique. En effet, il relate en même temps l’origine et la naissance d’un peuple. Pourquoi l’origine ? Comme on peut le lire dans le premier chapitre de l’œuvre (Koto des origines), à la page 6, « Au commencement, il y avait un homme… ». Nzebi relate l’origine du peuple de Koto, sous la direction de Nzembi-a-pungu (Dieu inspirateur). C’est donc la naissance d’un homme, un premier homme qui permit la naissance du peuple de Koto. Mais, c’est le peuple de Koto qui va engendrer un nouveau peuple, du moins, des peuples (clans) issus d’un homme. En effet, ce mythe rend compte de l’apparition et des modalités d’existence de l’ensemble des éléments des mondes matériel et spirituel et des faits d’organisation sociale du peuple koto. Cependant, cette fonction relève d’une double dimension, qui est celle de la destruction et de la régénération du peuple koto. Dans le dernier chapitre de cette œuvre intitulé *L’Eclatement*, se déroule une guerre qui va entrainer la destruction finale du peuple koto pour faire place à un autre peuple, celui de Léyogho, le nouveau village de nzebi et de ses enfants, qui étant eux-mêmes descendants directs de koto. Mais ce dernier ne vivra pas longtemps et sera détruit par les querelles.  Ils vont se séparer et créer chacun un clan. Des clans qui, symbolisent la régénération de koto des origines, et de celui d’aujourd’hui. Car c’est à travers ces clans que la génération présente des Banzebi s’identifie et se reconnait en tant que descendants de koto.

II-LES DOMAINES DU MYTHE NZeBI      

1-Domaines historique et sociologique.
C’est un peuple d’Afrique centrale, majoritairement au Gabon parce qu’on les trouve aussi au Congo Brazzaville (quelques ramifications). Les premiers explorateurs de la vallée de l’Ogooué ont fait mention de leur existence à la fin du XIX ème siècle dans le territoire qui leur ait reconnu aujourd’hui, c’est-à-dire majoritairement dans la province de la Ngounié. Or selon la tradition orale et écrite, ils seraient originaires d’un endroit appelé Koto.

Village NzebiOn ne saurait situer ce site géographiquement car les informations à propos de Koto sont d’ordre mythique. Ce qui est certain, c’est qu’ils nous renseignent sur l’organisation sociale du peuple nzebi depuis les origines, et que comme la majorité des peuples du Gabon, en dehors du peuple autochtone qui est celui des pygmées, le peuple nzebi en l’occurrence le village Koto serait extérieur au Gabon. En effet, les nzébi seraient rentré au Gabon vers la moitié du XVIIIème siècle par l’Est. Après avoir séjourné près d’un siècle à Moanda, ils finissent par s’éparpiller à travers le territoire qui est le leur aujourd’hui, en créant les clans des Maghambas (Mayambas), Mouandas, Bassangas, Mitshimbas, Cheyis, Baghulis (Barouli), et des Mboundous. A travers l’histoire du Gabon et celui de tous les peuples qui l’occupent, principalement celui des nzebi, il n’est pas étonnant de constater la similitude flagrante entre l’histoire elle-même, telle qu’elle est relatée par les historiens, et le mythe en lui-même. Comme on l’a vu dans la partie consacrée à l’histoire des nzebi du Gabon, les nzebi seraient originaire d’un endroit plus au nord du Gabon et se seraient implantés puis dispersés où ils sont localisés actuellement et principalement dans la province de la Ngounié. Or, c’est le même processus de migration que l’on retrouve à travers tout le mythe. Le mythe Nzébi est donc « vrai » parce que l’existence et l’histoire même du peuple nzebi est là pour le prouver.
Sociologiquement, on ne finira pas de réitérer la double identité du peuple originaire de Koto dans le mythe nzébi puisque, rappelons-le, dans ce mythe on parlerait de naissance et de renaissance. En effet, on assiste au tout début de l’œuvre d’Okoumba Nkoghe, à la naissance d’un peuple et à sa mort. Or, cette mort n’est que le commencement ou plutôt la renaissance de ce peuple. Mais ce qui nous intéresse le plus ici c’est la relation sociale existant entre les deux époques des origines du peuple nzébi. En lisant le texte on a fait vite de comprendre que le peuple de Koto était basé sur un système de filiation matrilinéaire, c’est-à-dire un système reposant uniquement sur l’ascendance maternelle. Rappelons-le, Nzebi, c’est la nièce de Peghanzanga, lui-même étant le fils du premier homme : Manonzo. Et comme on peut le lire aussi, le mariage était autorisé entre personnes ayant des grands parents ou des ancêtres communs. C’est ainsi que Nganga Moussoumbi, qui est le cousin éloigné de Péghanzanga, prendra comme épouse la jeune Nzebi.
La société de koto était hiérarchisée comme suite : au sommet on avait un chef (guerrier) qui n’était pas forcément l’ainé des enfants lorsqu’il s’agissait de la succession au poste de chef (page 9), qui se faisait certainement de père en fils. Ensuite on avait les prêtres traditionnels (sorciers), communément appelés Ngangas, les guerriers et enfin, les hommes simples. Le peuple de Koto avait un sens aigu pour le respect des traditions (page 32, lignes 12-17), et vivait de la pèche, la chasse et des champs. Ils maitrisaient aussi les techniques de fabrication d’armes. Les hommes et les animaux avaient un grand respect pour la forêt et les cours d’eau (page 10). Les réjouissances ne manquaient pas puisqu’elles se déroulaient tous les trente jours. Toute la vie des habitants de Koto était rythmée par le chant, aussi bien dans le malheur que dans le bonheur. On peut citer comme exemples les chants de nzebi qui ont une connotation mélancolique (pages 19 à 20), et ceux de Nyèngui, avec une connotation réjouissante (page 37 et 39). Il faut donc souligner que les femmes avaient une place importante dans Koto, car elles s’occupaient de l’éducation des jeunes filles comme on peut le lire dans l’extrait de la page 14 (paragraphe 2 ; ligne 7 à 9) : « elles lui montrèrent comment nouer un pagne, porter un panier, planter et récolter ».C’est d’elles que dépendait la stabilité et la cohésion de tout le peuple. C’est par elles aussi que pouvait provenir la chute, comme en témoignent les lignes de la page 41 (lignes 1 à 3).

2-Domaine moral.
La société de Koto avait des mœurs identiques à ceux que l’on retrouve aujourd’hui dans la plupart des sociétés traditionnelles africaines. En effet, l’adultère (page 15 et 16), élément négatif et contraire aux us et coutumes de la société de Koto, était strictement sanctionné de mort : « Ils se couchèrent dans l’herbe, à l’abri des regards. Passait le temps, Puis sous l’emprise de la joie et de l’extase, le jeune audacieux dit à la jeune dame : il faut maintenant que je te voie assez souvent. » (page 15, paragraphe 4).On constate aussi que ce genre d’acte est systématiquement sanctionné par les sages du village : « les anciens ne pouvaient pas tolérer qu’un des leurs ne suive pas les règles » (page 16, lignes 19 à 20). Aussi, le faite de toucher ou de dormir avec une femme ayant ses menstrues, étaient perçu comme une souillure dans cette société, pour celui qui avait un contact direct avec cette dernière. La femme ne pouvait se présenter en public dans cet état : « Quand il aperçu la poudre rouge, il sursauta et recula de deux pas, (page 35) et «- Tu as tes règles ? Il fallait le dire plus tôt.-Maintenant tu as compris que dans cet état, je ne puis me montrer en public » (page 36).  Notons aussi le fait de s’accoupler avec des animaux qui dans nos sociétés africaines est immoral ; comme le cas de nzebi qui s’accoupla avec les bêtes, car n’appartenant plus à la société humaine : « les bêtes accueillirent la fille de Koto que les siens avaient rejetés » ( page 20) ; « … elle recevait ses amants poilus ». A cela s’ajoute le fait de la désobéissance envers les parents. En effet Kombile, deuxième fils de nzebi désobéit à sa mère qui lui avait interdit de remonter le ruisseau à cause des prétendus créatures qui habitaient en amont.  On peut le lire dans les lignes des pages 24 : « Kombile réfléchissait en silence…Un jour je me rendrais compte par moi-même si les créatures en amont du ruisseau méritaient bien leur réputation. » ; et 25 : « Ainsi répondit Kombile…il attendit d’abord de voir ses frères disparaitre derrière les arbres, puis il entreprit de remonter le cours de l’eau ». Ce qui entraîna une tristesse profonde chez la mère. Aussi, celle de Nyèngui qui désobéit aux sages en introduisant un étranger dans le village et en dévoilant à ce dernier tous les secrets de la société : « une fois de plus Nyèngui accepta de lui porter secours. Elle révéla à Kombile les secrets du village et les points faibles des guerriers » (page 33 à 41). Cela entraînant la destruction du village.

3-Domaine esthétique.
L’auteur utilise plusieurs figures de style pour plonger le lecteur dans cet univers aussi métaphysique que métaphorique, où le surréalisme de la personnification(les animaux qui communiquent avec les humains par exemple : pages 25 à 29 ) se mêle à la description naturelle de Koto et du village parallèle. On a ainsi une abondance de métaphores visuelles, caractérisées par la danse des mots prononcés par la fille Nzebi et par Nyiengui, ce qui traduit la vision d’un monde créé de toute pièce par la culture et le mode de vie des habitants de koto. Le quotidien de l’environnement du texte est aussi caractérisé par des métaphores sonores (musicales), comme en témoignent justement les chants de Nzebi lorsqu’elle s’exile pour fuir ses bourreaux, ou celles de Nyengui dans le chapitre consacré à la Désobéissance. Mais ces deux circonstances d’opposition où on voit d’une part Nzebi chanter pour le malheur, le désarroi, la pitié et la mélancolie ; et d’autre par, Nyengui chantant à l’opposé la joie, l’amour, illustre bien ce dualisme entre un monde partagé entre le bonheur et le malheur. Le chant occupe donc un statut très important dans les habitudes culturelles dans les sociétés traditionnelles en général, et dans le village de Koto en particulier. Peu importe la nature des évènements, ceux-ci sont traduites en chants comme on peu le remarquer chez les punu, les nzebi, les vili, les lumbu…

4-Domaines philosophique et métaphysique.
A partir de la page 22 du mythe nzébi, l’un des personnages de l’œuvre et appartenant au monde mystérieux des chimpanzés, se voit habiter par une soif ardue de connaissance. A l’origine de cette quête, une question restée sans réponse. Après les révélations d’une gazelle sur sa véritable identité, Kombile va braver l’interdiction faite par sa mère pour se rendre à Koto afin de découvrir qui il est en réalité. Cette quête de connaissance montre bien que l’interdit exerce une certaine fascination chez les êtres en quête de savoir, et qu’il permet de découvrir le monde dans ses secrets les plus enfuis. De plus, cette quête de savoir nous permet de réaliser que ce voyage est comme une sorte d’élévation de l’âme vers le monde immuable, où réside l’Essence des choses et des Êtres.
On peut percevoir le mythe Nzebi comme le récit d’une naissance et d’une renaissance, d’une opposition entre deux théories de l’apparition de l’homme : la création et l’évolution. D’une part, sous un plan théologique, l’œuvre nous relate la création de l’homme tel qu’il est décrit dans le livre saint : « au commencement…Dieu créa l’homme ». Ce que l’on peut aisément lire dans les premières lignes du texte d’Okoumba Nkoghe : « au commencement, il y avait un homme… ». Hors, à l’opposé, une autre théorie, plus scientifique se fait découvrir dans le chapitre consacré à « la désobéissance », (page 36). Il s’agit ici de la théorie évolutionniste. En effet, dans la partie citée ci-dessus, on peut se rendre compte de la transformation de l’état animal de Kombile, à l’état d’homme – de l’état de primate à l’état d’homo sapiens : «elle se mit à le raser, ne laissant que quelque touffes à la tête, sous les aisselles et sur le ventre. Elle le circoncit par la même occasion. » (Lignes 14-18) Ainsi, Kombile qui était au départ un animal se voit attribuer des attributs humains.
Sur le plan métaphysique, que se soit à Koto ou chez les « poilus », l’atmosphère est rythmée par un dualisme entre deux univers. A Koto par exemple le monde de Peghanzanga vit en communion avec le monde mystique où vit la mère de son cousin et gendre Nganga Moussombi. De plus, la relation avec ce monde immatériel y est fortement représentée grâce aux pratiques utilisées par les sorciers. Les rituels pratiqués par Nganga Moussombi qui consiste à cueillir tous les matins les feuilles d’une plante très rare qui lui permettait d’entretenir la vision et de se protéger contre la mort (page 50), et la manie qu’a Nzengue-Ighama de « vaquer à ses devoirs rituels envers ses fétiches », à communiquer avec les  bestioles (araignée) de la forêt et de se nourrir exclusivement de morceaux de sel (page 52), en sont la parfaite illustration.  Concernant le personnage principal nzebi ; la métaphysique s’explique d’abord par la durée anormale de la grossesse de sa mère qui fut de treize mois ; alors qu’en temps normal elle devrait être de neuf mois.
Enfin, par son alimentation constituée essentiellement d’aliments crus et d’ignames durant cette grossesse. Ces deux éléments témoignent ici de la dangerosité de la grossesse comme le montre ce passage : « cela va être terrible…le moment est venu de la tuer afin de sauver koto de la décadence »page 12 lignes 6 à 8. Enfin sa naissance effroyable qui offrait un spectacle monstrueux « La parente gisait dans son propre sang ; morte mais encore chaude ; le ventre déchiqueté ; un bébé de sexe féminin gesticulait près du corps de la mère »lignes 11a14.

5-Domaine psychologique.
On ne saurait parler du domaine psychologique sans référer aux différents personnages qui composent l’œuvre, c’est-à-dire leurs rôles et leurs caractéristiques. C’est en ce sens que l’on décrira la majorité des personnages du mythe nzebi comme étant des personnages positives et négatives, au regard de leurs rôles dans l’histoire. En effet, non seulement ils sont porteurs de valeurs, se distinguent par des qualités exceptionnelles, physiques ou morales ; on peut aussi constater au cours de l’histoire qu’ils peuvent aussi être dépourvu de sens moral, faire preuve de violence et de cruauté. Ainsi, cette opposition de point de vue fait qu’en même temps, le lecteur est incité à s’identifier aux personnages, mais reste fasciné et est amené à réfléchir sur ses propres tendances obscures, sans s’identifier aux personnages. Il s’identifie aux valeurs incarnées par le groupe, par l’ethnie, par le mythe.

Conclusion

Nzébi, comme on le voit tout au long de cette analyse, c’est d’abord une identité sociale, c’est-à-dire, l’attribution d’un état civil à une communauté à travers un nom, une origine, un âge et une situation familiale. Ensuite, Nzebi c’est une évolution, c’est-à-dire le cheminement des personnages du mythe, correspondant à une évolution, une transformation des personnalités, des connaissances, des valeurs et du rapport au monde. Finalement, grâce aux traits physiques et psychologiques des personnages, présentés soit de manière directe par le biais du portrait soit de manière indirecte à travers les détails du récit, comportements, paroles, actions, lecteur peut imaginer et créer un rapport direct, négatif ou positif entre l’univers du mythe, et le monde qui l’entour. De ce point de vue, on se rend bien compte que le mythe Nzebi crée sur le lecteur une illusion réaliste. Finalement, à l’instar de Eve, la première femme selon la Bible ; ou Nancy, la première femme selon la science, Nzébi montre ici la portée symbolique de la femme qui veut qu’elle soit la mère

Bibliographie :

-OKOUMBA NKOGHE, Nzébi, une épopée d’Afrique centrale, RAPONDA Walker, 2001,79 pages.
-Mircea Eliade, Aspects du mythe, Paris, Gallimard, t I, 1963.
-Encyclopédie, Microsoft Encarta-Etudes 2008.
-Les sept fils de nzebi, www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/jafr_0399-0346

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