Le Mvett (l’œil de l’esprit)

Le Mvett (l’œil de l’esprit): analyse et critique de l’oeuvre picturale.

Auteur : cyrilles Nguema Ndong

1/ Présentation de l’œuvre et biographie de l’auteur

« L’œil de l’esprit » est une œuvre de Cyrilles Nguema Ndong, créée en 2010, exposée au salon du livre en 2012 à Gabon Expo. C’est une peinture surréaliste de format 65/40 dans lequel est mise en évidence une technique mixte autrement dit, une parfaite addition des arts graphiques et de la technique de matériaux ( le collage ).

Peinture du mvettL’œuvre « l’œil de l’esprit » de Cyrilles Nguema Ndong participe d’une peinture au pouvoir symbolique puissant, fortement marqué par la culture traditionnelle gabonaise. Cet éveil à la culture gabonaise et plus largement, à la culture bantu n’est pas un hasard, mais il est dû à l’appartenance de l’artiste au rite bwiti et à cet intérêt particulier qu’il accorde à la tradition orale. Sorti de l’école nationale d’art et manufacture en qualité de graphiste, il s’élance dans peinture et produit de nombreux tableaux dont « le dualisme » parut, comme couverture aux éditions….. L’œuvre « l’œil de l’esprit » est de ce fait, une quête de sens et de la relation des êtres aux choses et cosmos. Mais encore, elle est une auto-réalisation et une auto-identification par rapport à son égo. L’auteur se définit au monde. Cet œuvre se veut être la synthèse d’une série de question. Autrement dit, la mise en image d’un monologue, à savoir : « qu’est-ce que le mvett et quel est la dimension symbolique du message ? » et par la suite, « voici le mvett et en voici le contenu, la quintessence». La réponse serait, tel le démontre l’œuvre, le mvett en tant que trilogie. Autrement dit, une harmonisation de trois éléments différents pour n’en constituer qu’un. Nous parlons ici du mvett en tant que conteur, le mvett en tant que récit ; le mvett en tant qu’instrument.

L’artiste, nous a-t-il confié, a grandement été influencé par la lecture du livre de l’écrivain maitre diseur de Tsira Ndong Ntoutoume « l’homme, la mort et l’immortalité ». Ainsi, au sortir de cette gratifiante expérience, l’artiste s’est posé la question, savoir : qu’est-ce que le mvett ? De ce fait, par sa qualité de graphiste, cyrilles Nguema Ndong procède par l’image pour donner suite à son questionnement. La représentation ainsi faite, englobe dans un mouvement de simultanéité l’instrument, le récit et le conteur.

 2/ La symbolique du mvett dans l’œuvre.

Dans l’immense empire des signes étendus par l’activité humaine à l’ensemble du monde connu et imaginaire, il nous parait important d’identifier les signes faisant office de symboles dans un espace donné pour ainsi arriver à comprendre la nature non seulement, du thème abordé par l’auteur mais aussi, de la représentation qui est abouti. De-même, il nous faut comprendre que la plurivalence de ces mêmes signes, de ces symboles peut mener à des interprétations tout aussi différentes. A jeter un regard dans la composition du tableau, un certain nombre de signes, d’éléments pèle-mêle qui, structurés comme suite, interpelle notre intelligence, de-même notre sensibilité en est ébranlée. On ne pourrait s’empêcher de s’interroger sur la sémantique de la structure zoomorphe représentée ici. Pour Eno Belinga comme pour maître Tsira Ndong Ntoutoume, le Mvett renvoi à trois entités : c’est d’abord un instrument de musique, parce qu’à l’origine le Mvett est dit à travers cet instrument de musique qu’on appel le mvett. C’est aussi un homme, c’est le diseur de mvett qui est lui-même mvett. Mais la philosophie profonde du Mvett est aussi Mvett.

Sur ce tableau, nous avons la représentation de cet instrument mvett. En réalité le mvett en tant qu’instrument relève de quatre étapes : la première étant Nna Otse, avec un arc, un résonateur sur une extrémité. Le second, Ekang Nna aura en plus un chevalet central permettant d’obtenir deux sons. La troisième étape demeure donc celle dont l’artiste à voulu rendre un hommage, c’est-à-dire celui à qui le mvett fut révélé pour la première fois que l’on nomme Oyono Ada Ngone. Ainsi le mvett dont il est question ici est nommé Oyono Ada, en plus de ce que possèdent les autres mvett, celui-ci détient un second résonateur et quatre cordes dont la forme actuelle comportent trois résonateurs qui intègrent tout l’équilibre tiré de la mystique et du mystère mvett dont l’essence se trouve dans l’œil central qui représente Eyo, l’esprit qui est au dessus de toutes choses. En effet, dans la perception ecclésiastique, l’œil désigne le couronnement de Dieu sur le monde ; dans la société indoue, il se désigne comme la Civa c’est-à-dire le troisième œil, celui que possèdent les sorciers et les voyants. Hors l’œil de l’esprit que l’on décrit comme le pouvoir d’Eyo est la connaissance qui engendre toutes les connaissances, il est l’englobant et les autres sont les englobés. D’après Zué Nguema, Eyo est parole et le verbe, et c’est donc ce verbe qui est parole des origines, parce que le Mvett se défini comme parole des origines, laquelle désigne l’être absolu qui est en toutes choses. C’est l’esprit au dessus de tout et qui détient les secrets de toutes énigmes.

De la mise en forme de l’instrument, on peut très bien percevoir le degré de technicité des artisans de cette civilisation, et l’impact de la technologie évolutive qui n’a rien à envier à celle des sociétés occidentales et modernes.

L’artiste nous traduit selon son approche les trois dimensions qu’il pressent dans le récit. En effet, la première dimension représente l’instrument mvett dont les caractéristiques sont détaillées plus haut. La seconde dimension fait apparaitre le personnage situé sur le flanc gauche du tableau symbolisant le diseur de mvett, donc celui qui prête sa voix à Eyo. Cette seconde dimension, mise en valeur par l’auteur est d’une signification sans précédent. Car avant le récit mvett, il ya un moment sacré. Il y a donc une réalité initiale et obligatoire pour tout diseur de mvett qui est la genèse de la création et de la généalogie initiatique qui le lie à Oyono Ada Ngone à qui le mvett fut d’abord révélé. L’artiste dans la mise en relation de ce personnage avec le récit révélé nous démontre que la connaissance du mvett requière des savoirs sacrés via l’initiation. L’initiation ici ouvre donc à des facultés mentales. Généralement lorsqu’un conteur va jouer le mvett, il perçoit de manière mystique le message. D’où cette ouverture simulée par l’artiste sur le résonateur, laquelle fait office de la tête du conteur. Par observation, cette illustration est une parfaite interprétation de l’initiation reçu par Oyono Ana Ngone pendant son coma. Dans la philosophie africaine, fang en particulier, avoir une tête ouverte pour un individu, sous entend détenir des savoirs et des connaissances. Cependant, cette connaissance est symbolisée ici par des espèces de boules ou de cercle (dans la société ésotérique, le cercle est le symbole de la connaissance du monde, le monde étant lui-même circulaire, il est lui-même sa propre connaissance, et Eyo étant le maitre de toutes les galaxies, est la connaissance absolu sous toutes les formes). Ces mêmes cercles, représentent les six jours et six nuits qu’Oyono Ada eut passés dans le coma, la septième boule symbolisant le septième jour, le jour ou ce guerrier eut reçu la révélation. C’est donc cette substance spirituelle et fantastique qui donne vie ici à cet « œil de l’esprit », donnant l’accès à l’immortalité et à la connaissance intelligible des choses sensibles.

Quant à la troisième dimension tirée de la vision de l’auteur, nous pouvons dire que celle-ci est sans aucun doute la plus importante, car elle rend visible la présentation des deux entités, le pays des immortels et celui des mortels. Ainsi, cette illustration de l’artiste faite sur l’initiation que l’on soit conteur ou guerrier exprime que nous avons à faire à deux univers, deux concepts, différents de la société, donc de la matière à l’esprit. Même du point de vue de l’instrument, il traduit ce rapport matière-esprit, car le mvett fut remis à Oyono Ada en esprit, et ce n’est qu’après son réveil qu’il eut donné forme à l’instrument qui préexistait déjà dans l’au-delà. C’est de là que l’on captive la fonction de l’hétérotopie. A travers l’initiation on se déporte vers un monde parallèle tel dans un miroir, et dans une dialectique inverse, c’est le personnage virtuel qui permet à son double physique de se redéfinir dans la société. Il y a donc un jeu de va et vient, un jeu du dedans et du dehors, une parfaite rencontre entre le surnaturel et réel. C’est pour quoi le guerrier apparaissant sur la partie droite du tableau symbolise le personnage sur lequel les mortels vont miser pour aller arracher le secret de l’immortalité. Toutes ces approches renvoi donc à deux formes de préparation ou d’accessibilité à l’immortalité, la première étant celle qui apparait à l’élu par révélation, la seconde est celle que nous connaissons tous, celle relative aux cérémonies publiques et secrète. En effet, dans cette forme de préparation, on met en place toutes les techniques possibles, de préparation psychologique, initiatique permettant la maturité du jeune guerrier qui est celui de porter les espoirs immortels.

Finalement, ces deux personnages ont une même mission qui est celle de redonner espoir à leur peuple, l’un par le chant et des histoires fabuleuses, l’autre par des conquêtes rigoureuses et barbares des horizons nouveaux. La lance qu’il tient dans sa main épouse une position verticale qui désigne l’ascension vers une ère nouvelle. Aussi, la lance symbolise la virilité, pèlerinage, la migration et la force qui traduit toute la ténacité ancestrale du peuple Engong qui ne recul devant rien pour affiner son objectif.

 3/ Analyse d’œuvre.

« L’œil de l’esprit » est une œuvre d’art qui s’inscrit dans la nouvelle syntaxe de l’art qui est le propre de l’art africain. Elle appartient donc à un courant artistique que l’on nomme le surréalisme, lequel célèbre le culte de l’imaginaire par la mise en orbite des personnages fantasmagoriques et des symboles dont le sens détourné laisse perplexe tout profane. Ici l’œuvre d’art n’obéit plus aux canons classiques, c’est-à-dire que l’art n’est plus imitation de la nature. En ce sens, ce n’est pas l’objet qui dicte ses règles au tableau, mais plutôt c’est désormais le tableau en tant que métaphore visuel qui se veut être un espace de valorisation des concepts imaginatifs et des idées purement indépendantes et philosophiques de ce que représente la réalité apparente. De ce fait, le tableau est donc un espace de création, à travers lequel on idéalise nos personnages mythiques et poétise sur nos contes et légendes, vecteurs de notre patrimoine matériel et immatériel.

Pour comprendre ainsi tous ces aspects évoqués plus haut, il convient de penser le fait de l’art comme une approche esthétique voir poétique de nos idées novatrices. Ce qui voudrait dire que pour saisir le terme poétique dans l’œuvre que nous vous présentons, il revient d’en déterminer le genre. En effet, le premier genre c’est l’épopée, car ses caractéristiques sont l’imaginaire, le surnaturel, le combat… C’est au terme de cette approche que le mvett peut se définir comme une véritable épopée, car le Mvett est d’abord une cosmogonie, puisqu’il explique la formation de l’univers à partir d’une explosion initiale ; il est ensuite un récit merveilleux d’aventures épiques de personnages imaginaires mais constants : les mortels aux prises avec les immortels pour tenter de leur ravir le secret de l’immortalité, sinon de rivaliser en bravoure, force, courage et intelligence, sagesse et prospérité.

Le mvett apparait donc à l’histoire sous trois formes interdépendantes qui sont : le mvett en tant que instrument de musique, le mvett en tant que récit et mvett en tant que objet philosophique. Ainsi, en référence à ces trois formes artistiques (l’objet, la poésie et la philosophie), le mvett pourrait donc apparaitre comme un genre artistique de facto partie intégrante dans le genre poétique qui en fait un récit légendaire, celui-ci mettant en harmonie l’ensemble des arts qu’il engendre et ainsi, chacun d’eux se révélant être une forme de représentativité par rapport à l’histoire racontée aussi que nous soyons dans l’épopée ou la tragédie. Ses représentations sont faites soit par eux-mêmes, par les arts ou toute autre forme expressive telle que le son, la poésie, la parole ou la voix. Ainsi, nous pouvons affirmer que le mvett est le véritable objet propre à l’essence de la poésie qui veut que les arts dialoguent entre eux. On peut voir dans cet approche ce veux cher à Jérémy Wagner qui est la synthèse des arts et dont le thème le plus connu est la Gesamtkunstwerk, c’est-à-dire une forme de représentation globale dans laquelle tous les arts sont complémentaires les uns aux autres. C’est ce que l’on appelle, l’harmonie mvett. Il n’y a pas donc pas de mvett sans instrument, sans le récit, ni mvett sans la rhétorique.

Aristote nous dit qu’il « y autant de représentation que d’art, et que les arts sont mêlés aux autres », ainsi définit-il le fondement de la poétique. L’artiste à travers son œuvre intitulée « l’œil de l’esprit » nous traduit toute cette complémentarité des « arts mvett », car ici, c’est au moyen du mvett en tant que instrument que l’art de la parole et la poésie se représente. C’est une représentation simultanée, entrecroisée et interactive. Ce qui vaut pour le chant, vaut pou le récit, cela vaut également pour l’esthétique de l’instrument et même du costume que revêt ce personnage imaginaire. Ainsi, rien n’est représenté de façon hasardeuse, c’est un jeu mêlant à la fois le réel et l’irréel, l’imaginaire et le concret, le sensible et l’intelligible, le rationnel et l’irrationnel, le monde fictif ou virtuel avec le physique. Il y a donc un jeu de contamination entre deux univers apparemment opposés, celui du mystique, du fantastique et du merveilleux avec celui du visible qui est le monde réel dans lequel nous vivons. L’ « œil de l’esprit » est donc une véritable hétérotopie  qui, de manière générale est le propre de l’art. Ainsi, cette œuvre d’art que nous vous présentons se veut être un espace autre, un espace dont la localisation ne relève que de l’imaginaire de l’artiste. A partir de là, la réalité que nous nous faisons du récit Mvett, n’est pas la réalité commune à tous ; l’artiste établit donc un rapport du général au particulier et non l’inverse. Alors tout se passe comme si l’auteur de l’œuvre nous invitait à voyager dans son propre univers, dans un monde qui serait le sien et dont le but serait de nous dérober de l’histoire. Ce tableau est une abstraction, non pas au sens proprement formel, mais une abstraction poétique dans laquelle nous avons un ensemble de signes de régimes différents, à la fois figuratifs et suggérés qui convergent vers une unité de sens et qui eut donné naissance au titre de l’œuvre. Chaque signe aborde donc un rapport du général au particulier. Cela voudrait dire que, toute culture, toute civilisation ou toute société a une idée des signes et symboles, c’est le contexte universel de la symbolique ; cependant, l’artiste peut idéaliser ou poétiser sur un symbole universellement reconnu en lui donnant un sens détourné ou personnel, ce qui détermine donc son élan de liberté. L’artiste agit librement, il a les mêmes dispositions que le philosophe ou le métaphysicien ; c’est-à-dire qu’il remet en question l’existant et ne peut considérer comme acquis ce qui est conventionnellement connu et reconnu. Le philosophe établit sa raison par les mots, et l’artiste l’exprime au moyen de la couleur, des matériaux, des couleurs, des formes, des volumes, des lignes etc. Ce qui a donc de très poétique ici, c’est la façon dont l’artiste nous raconte l’histoire, suivant un ensemble de codes qui élèvent et prolonge notre vision.

Comme nous le disions plus haut, cette œuvre d’art dont le thème est « l’œil de l’esprit », est belle et bien une expression à partir de laquelle, l’artiste semble soit partager au public, son patrimoine historico-culturel, soit revendiquer son appartenance à la culture du peuple d’Engong. Nous savons que chaque société est inscrite dans un processus historique qui peut être soit, un mythe, un conte ou une légende. Ainsi, la société dans laquelle l’artiste appartient se défini dans son unité culturelle qui constitue en fait sa propre identité. C’est dans ce sens que Pierre Bourdieu, éminent sociologue défini les œuvres d’art comme une production culturelle, c’est-à-dire qu’aucune création artistique n’est étrangère au milieu de vie de l’artiste. Car, c’est parce que Cyrilles Nguema Ndong est issu d’une lignée des Oku, donc de la culture Mvett qu’il reproduit cette identité culturelle dans des œuvres d’art.

Pour étayer cette approche culturelle, nous allons nous appuyer sur la question de l’identité comme base du capital symbolique. En effet, la culture se défini par un principe d’appropriation, mais surtout par un principe d’identification. Et c’est ce principe d’identification qui repose sur des symboles qui sont inscrit sur cette toile (œil, cithare, personnages fantasmagoriques, lance…) et les lieux qui les incarnent (espace virtuel, imaginaire et même concret). Le sentiment d’identité, à la fois individuel et communautaire se manifeste chez les initiés, dans les lieux privilégiés, ses lieux presque inaccessibles. Se sont donc des espaces considérés comme des lieux hors de tous lieux, des itinéraires initiatiques permettant d’accéder à la connaissance du monde dans ses approches les plus nocturnes et les plus illuminés qui soit, accéder aux savoirs qui donnent sens à un certain nombre de valeurs sociales qui élèvent l’homme au delà de toute difficulté et le propulse vers l’univers des immortels. Ce lieu mystérieux qui conforte l’invincibilité d’un individu au profit de sa communauté. C’est le cas de Soundjata Keita, l’homme contre qui les sortilèges n’ont rien pu, c’est aussi le cas d’Akoma Mba le grand guerrier du pays d’Engong.

Les symboles sont donc des supports des sentiments identitaires que l’artiste exprime à travers les appréhensions populaires sur le récit du Mvett lui-même, le mythe, la légende et les interdits (car relevant du sacré et du mystique), les pratiques rituels, des croyances, la connaissance ou la construction de sa propre pensée ésotérique. Ainsi, nous allons tenter d’élucider les mystères enfuient dans la mémoire de l’auteur, en essayant d’apporter selon notre lecture, la lumière sur ces symboles apparemment inaccessible à tout profane.

Dans la même approche que NGUEMA NDONG: le thème du mvett à travers l’œuvre de Kamba Sita.

un joueur de mvett, par Kamba Sita.Un joueur de mvett, par Kamba Sita.

A l’instar de l’artiste-peinte Cyrilles NGEMA NDONG, d’autres artistes se sont exprimé pour montrer aux yeux du monde leur vision de l’homme, de la mort et de l’immortalité, en utilisant des techniques, des procédés artistiques qui étaient les leurs. C’est ainsi que l’on peut citer comme exemple la peinture de l’artiste montréalais d’origine congolaise KAMBA SITA qui a immortalisé un joueur de mvett, mêlant cubisme, comme le faisait déjà Picasso avec « les demoiselles d’Avignon, 1907 », et figuratif. Comme « l’œil de l’esprit», la peinture de KAMBA SITA traite du mvett, en « évoquant les choses qui existent en tout être : l’énergie, le rythme, le mouvement, la sensation de la terre-mère, les couleurs de la musicalité et l’interprétation dramatique des personnages. Tout ces traits sont la caractérisation physique et poétique de l’homme, de son destin inéluctable vers sa destiné qu’est la mort et de sa quête pour l’immortalité. La peinture de KAMBA SITA, comme celui de NGEMA NDONG représentent tout deux la relation qui existe entre l’homme et les dieux (visage avec les caractéristique du masque), et la quête du savoir et de la connaissance(le parchemin à droite) qui ne peut se traduire que par l’initiation, véhiculé elle-même par la musicalité (l’instrument de musique). On retrouve finalement sur cette toile les trois éléments représentatifs du mvett, c’est-à-dire le conteur, l’instrument et la parole donc l’histoire.

Par ailleurs, si les deux peintres expriment leur vision du mvett, leur vision du monde par un canal purement pictural, ce procédé se traduit par une divergence dans la pensée et l’expression poétique des œuvres. En effet, chez NGUEMA NDONG, les symboles sont plus colorés, bien que nous ayons une abondance de symboles nocturnes ; ce qui n’est pas le cas chez KAMBA SITA, qui a préféré se limiter à un tableau monochrome (thériomorphe et nictomorphe) : le noir, symbolisant et le rouge.

Il est clair que dans tous les cas, le génie s’est manifesté à travers les deux peintres, mais de deux façons particulières et propre aux deux inspirations. Ce qui importe finalement c’est la portée symbolique que revêt les deux œuvres et le message qu’il véhiculent pour exprimer l’essence et la spiritualité incarnée par le mvett, entant qu’objet, conteur et parole, et son statut de cordon ombilical qui relie le monde des hommes et celui des dieux, donc celui des immortels.

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