En parlant des masques traditionnels gabonais!

La question des styles dans l’art traditionnel gabonais est un débat qui n’a cesse d’alimenter les conversations et les thèses scientifiques sur l’esthétique traditionnel. Peut-être devrions-nous nous appuyer sur les recherches de Louis-Perrois concernant son point de vue sur la classification des masques gabonais pour en ressortir l’incompréhension des types, et ce qui caractérise en réalité la structure sculpturale gabonaise?

Classification des masques traditionnels gabonais chez Louis-Perrois.

Dans la notion de style, on peut entendre, la technique des matériaux et l’allure générale de la représentation. La notion de style ayant évolué, on parle beaucoup plus de rythme, c’est à dire mettre en résonance les différents styles qui composent une représentation; on parle aussi de Idéogème, donc convergence de signes, aboutissant à une même unité de sens. les styles permettent de déterminer les régimes de représentation qui ponctuent un art. On a ainsi le régime formel et le régime abstrait ou poétique.

Mais  comment ces régimes rentrent en résonance dans un masque par exemple?

Le régime formel repose essentiellement sur une analyse morpho-sénique (ressemblance que l’on veut établir entre le masque et les autres éléments de la nature. On privilégie une approche naturaliste de l’art africain) du masque. Or, le régime abstrait fait abstraction de tout cela et se base sur une approche des signe

Il y a une classification institué par Louis-Perrois qui renvoi à cette approche morpho-sémique. Chez ce grand anthropologue, on ne trouve que deux types de masques dans la classification des styles:

-Les masques plats (avec un style concave)

-Les masques d’aplomb (avec un style convexe)

Ce dernier ajoute que le style concave et également et généralement le style de la forêt et des zones lacustres des lacs, contrairement au style convexe qui se rapporte plutôt au style de la savane subsaharienne.

Mais ce qu’il faut surtout comprendre c’est que cette classification des masques gabonais repose sur une géographie formelle, transpose le masque africain simplement dans vision occidentalisé, et qui repose sur le visuel.

Le style dans une classification généralisée des masques traditionnels gabonais.

Il est clair que la classification établie par Louis-Perrois dans la mesure ou celle-ci est arbitraire.

En effet, il ne faudrait pas oublier le fait que les peuples du Gabon sont en générales des peuples de forêt , même si on trouve quelques savanes dans la partie méridionale. On peut donc trouver des masques d’aplomb, aussi bien au Sud qu’au Nord, c’est le cas par exemple du masque Nowei. C’est un masque concave  Tsogo, qui est un peuple du Sud.

Les masques traditionnels  gabonais et leurs dérives structurales

Masques traditionnels gabonaisOn a toujours pensé que la structure du masque gabonais résidait essentiellement sur sa partie sculptée et taillée dans du bois. Or cette idée reçue est erronée, dans la mesure où, tout comme le Mvet qui est un tout (conteur,mythe et instrument), le masque traditionnel gabonais est non seulement cette partie taillée dans du bois, mais ajouté à cela, tout les motifs et apparats qui font de lui, un ensemble hétéroclite. Ainsi, on doit ajouter à la classification de Louis-Perrois d’autres styles dits constructivistes,  semi-constructivistes et même semi-plats ou semi-convexe; le tout, dans un ensemble appelé masques architecturaux, et qui peuvent être l’objet d’un jeu de montage et de démontage.

(Voir une liste plus large des masques traditionnels gabonais sur Wikipédia)

Les masques traditionnels gabonais, masques architecturaux

Partons d’une simple définition de l’architecture. Vitruve (90 av JC-20 av JC), sans doute le premier architecte, défini l’architecture comme: ‘‘une science armée de divers disciplines et de savoirs-faire variés par la raison de laquelle sont jugés bons, tout ce que les autres arts réalisent” (Vitruve, Di Architectura, livre I-1-1). C’est donc un système de construction; l’organisation d’un ensemble de matériaux divers à des fins de production d’un objet. On peut aussi parler d’Architectonique (ensemble de savoirs-faire et mobilisation de divers disciplines). Or, d’après ces différentes définitions, on se rend compte le l’architecture est le contexte qui siée mieux pour parler de l’art traditionnel gabonais, donc de l’esthétique gabonais, puisque pluridisciplinaires comme la sculpture, le tissage, la taille, la broderie, les mathématiques, la peinture, etc; en ce qui concerne l’aspect formel.

Le masque gabonais est un objet architectural, un dispositif d’ensemble (masque et apparat) que l’on peut admirer lors des cérémonies rituelles. C’est un agencement hétéroclite de signes (nyctomorphes, géomorphes, catamorphes, thériomorphes, etc), et qui ne s’identifie pas seulement par sa structure morpho-sémique, mais aussi par son apparat (pagne de raphia, tige de bambou, etc.) . On a ainsi mobilisé des signes et des objets pour créer une œuvre abstraite.

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