Les quatre niveaux électeurs de la Présidentielle 2016

Présidentielle 2016 Gabon Problème de choix pour les électeurs

Copyright: rfi.fr

Cette Présidentielle 2016 au Gabon à sans doute été la plus observée et la plus divisée que ce pays n’ai jamais connu. Jamais auparavant, dans l’histoire du pays, les gabonais n’ont été aussi divisé dans le choix de celui qui aurait la lourde charge de hisser le pays vers la prospérité et l’émergence. Ce fut une présidentielle de choix, entre deux enjeux: mettre véritablement fin aux privilèges, ou mettre fin au règne d’un nom?

Quelques définitions:

  • Le Système PDG

C’est le système des privilèges, celui qui consistait à faire en sorte que les familles qui tournaient autour des bongo, s’acaparaient des richesses du pays depuis des années, plus de 50 ans, et de génération en génération. Dès que le père mourrait ou vieillissait, le fils prenait sa place, après ses études à l’étranger, aux frais du contribuable gabonais. Il fallait avoir le nom qu’il fallait tels que Bongo, Ping, Rawira, Miboto, Ngari, Assele, Ntoutoume Emane, Ndemezo’o, Nzouba, Oye mba, Chambrier, etc, pour espérer construire une vie. C’est dans ce système qu’on pouvait constaté que chaque Ministère appartenait à la famille de celui qui en avait la charge, ou selon la rumeur populaire, que les Ministres se distribuaient les enveloppes d’argent à chaque Conseils des Ministres…

C’est la famille qui dirige le Gabon depuis à peu près 50 ans avec l’aide et le soutien des privilégiés. Elle est composée du père, des mères, tantes, fils, oncles, beau-frères, gendre, filles, etc.

Les quatre électeurs de la Présidentielle 2016 au Gabon

  1. Le pro Ali

Le pro Ali estime qu’en dépit du fait que le Président sortant porte le nom Bongo, cela reste son seul défaut. Il estime en effet qu’il est le seul qui puisse vraiment incarner la rupture entre le système de privilèges (le système PDG) et la nouvelle génération. Ils prennent pour exemple un certains nombre de faits par exemple:

  • Au niveau de la nomination aux poste à responsabilité

Dans l’ancien système, comme mentionné plus haut, certains postes de responsabilité, n’étaient réservés qu’aux privilégiés et à leurs progénitures. Or fort est de constater que depuis 2009, année de la prise de pouvoir d’Ali Bongo, il n’est pas rare de constater que tout le monde peut désormais accéder à un poste de responsabilité, peu importe que vous soyez fils de prolétaire ou fils de riche, pour peu que vous soyez compétent. On constate aussi que les jeunes ont pris une place de choix dans l’administration gabonaise, ce qui était encore impensable il  y a encore 7 à 8 ans.

  • Au niveau de l’entrepreneuriat des jeunes.

Il est claire de le Président Ali Bongo est venu insuffler nouveau sentiment que les jeunes gabonais n’avaient pas encore connu jusqu’ici. En effet, il était quasiment impossible de voir un jeune gabonais se lancer de le metier de coiffeur, de cordonnier ou éboueur, ce qui importait et qu pouvait donner un sens à sa vie, c’était de devenir un jour bureaucrate, “travailler dans un bureau” comme on dit au Gabon. Le plus étonnant c’est que même les jeunes femmes s’y mettent. Les jeunes qui pensaient jadis que seuls les “étrangers” pouvaient faire des affaires se lancent maintenant dans l’entrepreneuriat. Bien sûr ce n’est pas encore tout à fait ça, les système entrepreneuriale au Gabon n’est pas encore tout à fait ce qu’il devrait être, mais les pro Ali estiment que la première étapes était de susciter chez les jeunes l’esprit entrepreneurial et c’est presque réussis!

Même si certains continuent encore à nier l’évidence, il y a des choses qui ont changés dans la mentalité de certains gabonais. Mais il faut encore reconnaître que les mauvais comportements ont la dent dure.

      2. Le pro Ping

Le pro Ping se classe dans la catégorie des personnes qui estime que la cause des malheurs du Gabon résident dans la famille Bongo et son système de privilèges. Ils estiment aussi que pour en finir avec les Bongos, le seul remède est d’utiliser le système PDG contre elle. “Il faut soigner le mal par le mal” Qui de mieux pour en finir avec les Bongo que celui qui les connait?

En réalité, pour une partie des pro Ping, l’enjeu de la Présidentielle 2016 est d’utiliser Jean Pour faire tomber la famille Bongo, représentée par Ali Bongo. Pour l’autre partie, Jean Ping est le candidat de la rupture véritable.

Dans les deux cas, la question qu’ils devraient tous se poser c’est: après avoir élu Jean Ping comme Président de la République, après avoir mi fin au règne de la famille Bongo (mais pas au système PDG), c’est quoi la suite?

      3.Le pro blanc (le neutre)

Cette catégorie d’électeur estime qu’il n’y pas de choix à faire entre deux fils du système Bongo, juste le choix de dire qu’il ne vote pour personne. Ali et Ping c’est “Bonnet blanc et Blanc bonnet”, ils incarnent tous deux un système que le gabonais ne veut plus. Il estime aussi par la même occasion que cette élection 2016 n’en est pas une, c’est juste un  règlement de compte entre personnages de la même famille, avec comme dans le rôle de adjuvante un certain Robert Bourgi (le diable de la France-Afrique!).

La question est alors, pourquoi ne pas choisir d’un candidat neutre, n’ayant aucun lien avec le système PDG

      4. Le non-électeur

Le non électeur est celui qui est soit en âge de voter et qui s’enfiche pas mal l’avenir de son pays, soit en-dessous de l’âge requis, et qui participe  temps bien que mal l’émergence d’un fanatisme politique à l’égard d’un candidat ou d’un autre, sans savoir exactement de quoi il en retourne.

Mais c’est aussi celui est préoccupé par ce qui se passe dans son pays, par ce qui se passe au Gabon et qui estime que peu importe qu’il aille voter ou pas, les dés sont pipés d’avance. Alors, le mieux dans ce cas c’est de rester tranquillement chez soi et laisser la politique aux politiciens.

Quoi qu’il en soit, ce que les analystes oublient le plus souvent dans leur critique de la situation politique au Gabon, c’est que la Présidentielle 2016 au Gabon a révélé à quel point le peuple est divisé, pas en deux, mais en trois, si on omet la tranche de la population qui se contente de ne pas vouloir comprendre ce qui se passe.

En effet, entre les pro-Ali et les pro-Ping, il ya au milieu la grande majorité des indécis, composée de ceux qui ont voté blanc et ceux là qui n’y sont pas aller.

Nous pensons pour finir que c’est sur cette tranche de la population que repose le rôle de désigner le vrai leader incarnant la vrai rupture et la véritable alternance, dépourvue du système PDG, incarné par les anciens privilégiés et du clan Bongo.

Une élection avec des choix dans l’impasse

Mais en réalité, ce qui devrait compter pour aboutir à ce nouveau Gabon, c’est la capacité des gabonais à voir au-delà du parti politique, du nom d’un candidat, mais plutôt à trois choses:

  1. Le passif de chaque candidat: Qu’ont-ils fait lorsqu’ils étaient aux affaires? On a toujours penser que pour prouver son patriotisme, pour participer à la construction de son pays, il faut impérativement être Président de la République. C’est pour cette raison que nous avons un multitude de candidats à chaque élection, des candidats plus préoccupés par leur ego que par l’évolution positive du pays. c’est l’une des première chose que le gabonais devrait changer car le développement du pays ne passera que par le concours de tout un chacun, de l’élève de la maternelle au Président de la République. Le gabonais devra analyser le passer des candidats pour faire choix. Avoir un passif positif ne se résume pas seulement à l’échelle nationale, même en travaillant simplement dans son village natal ou dans son arrondissement entant qu’homme d’affaire, maire, gouverneur, ministre ou député, peut permettre au gabonais de se rendre compte que ce que vous faites dans un périmètre réduit, vous pouvez tout aussi bien le faire à l’échelle nationale. Dans une maison, lorsqu’on a plusieurs frères (les candidats), le choix du père (le peuple) sur celui qui aura la charge de gérer l’argent de la maison (le pays) se porte nécessairement sur celui qui a toujours prouver sa capacité à mieux investir cette argent.
  2. Le meilleur projet de société: Lors de la Présidentielle 2016, beaucoup ont mis de côté l’importance des projet de société de chaque candidats. Certains estimant même qu’une grande partie des gabonais ne s’intéressaient pas aux projets de société puis que pas assez instruits pour comprendre. Or, ce qu’on a pu constaté lors de la campagne c’est que beaucoup déploraient la nullité du mandat du candidat sortant. Mais ce constat n’est-il pas fait par rapport à son projet de société? Ou était-ce simplement une autre forme d’instrumentalisation? Le projet de société à son importance car c’est lui que détermine si les aspirations des populations sont prises en comptes par les candidats. Même si ces projets de société sont souvent peu accompli, cela a néanmoins le mérite d’être le fil conducteur d’une politique à long terme, carte n’oublions pas que le service de l’Etat est continuel, peu importe le changement de régime. C’est un seul pays, un seul peuple avec les mêmes problèmes qui ne changent pas en fonction des candidats.
  3. Le lien des candidats avec le système incriminé: C’est au cours de cette élection Présidentielle que le mot-clé “Alternance” a été utilisé aussi bien par les pro-Ping que par les pro-Blanc (indécis). Dans les deux cas, on ne peut parler d’alternance si on se contente de changer de personnage dans un système. Où se trouve l’alternance si on vote pour élire une personne qui incarne le système PDG? On tourne en rond! De l’autre côté, on a les indécis qui prônent l’alternance, mais qui préfèrent ignorer des candidats qui représentent véritablement l’alternance et voter nul. C’est ces mal-entendus qu’ils faudrait aussi résoudre. Une véritable aurait peut-être été de sanctionner la famille Bongo et tout le Système PDG, en élisant massivement un candidat sans aucune attache avec les deux entités? Les gens estiment ne pas vouloir voter pour les petits candidats parce qu’ils n’ont pas de poids. Mais le poids c’est le peuple qui doit le donner et pas le portefeuille de ceux qui ont construit leur image avec l’argent du peuple.  Il est temps que le gabonais dans sa généralité arrête de se comporter comme une “femme” (pas péjorativement), estimant que tout ce qui brille est forcément Or. Les bons parleurs ne sont généralement pas les bons faiseurs! Alors devrons-nous choisir un candidat hors système pour véritablement parler d’alternance?

Mais là encore, choisir un candidat hors système, juste pour cette raison seul, ne serait pas vraiment très judicieux, conformément au point 1, car ce qui compte en réalité, c’est la construction du pays. Nous, gabonais, nous devrions voir au-delà des apparences, Il serait très judicieux pour nous d’utiliser les politiques en autres faveurs et ce, pour les bonnes raisons et intelligemment. Le pouvoir est à nous et nous ne savons pas en abuser. L’essentiel dans tout cela serait d’utiliser l’homme politique qu’il faut en fonction de ce qu’il a fait, qu’il fait et pas en fonction de son patronyme, de son ethnie, de son âge ou de son obédience politique.

Il y a au Gabon des personnes capable d’incarner alternance et il est peut-être temps de leur donner leur chance. Il y aussi des personnes qui n’incarnent pas forcément l’alternance mais qui ont de très bonnes ambitions pour le pays; ceux-là aussi, il faudrait peut-être qu’on leur donne la chance de matérialiser leur vision, tout en se basant sur leur passif.

Un bilan post-électoral indigne du Gabon

Peu importe le résultat final, ce qui restera toujours gravé dans la mémoire collective c’est la division des gabonais quant à la leur vision du pays et les dégâts hors contexte qui  s’en sont suivi. En effet, et il faut le dire, nous n’avons pas assisté à de scènes de revendication, mais plutôt, de pillage, une espèce de balle de “bangando” (braqueurs, voleurs)

Quoi qu’il en soit, si pour certains, cette Présidentielle 2016 est considérée comme une énième confiscation du pouvoir, pour d’autres, c’est un acte de trahison envers le Président de la République, car ils estiment qu’avez tout ce qu’ a essayé de faire durant le septennat écoulé pour le bien des gabonais en général, il ne méritait certainement pas ce score.

Nous, gabonais, il est temps de faire abstraction de toutes formes de discrimination, à plus s’intéresser au devenir de la communauté plutôt qu’à celui de certaines minorité, à voir plus loin que l’intérêt individuel, à ne plus se laisser berner par les politiques à travers les réseaux sociaux, à faire preuve de lucidité dans le choix d’un dirigeant.

A tout ceux qui prônent la guerre civile, nous aimerions vous signaler deux faits: le Gabon, c’est n’est pas la RDC ou la Côte d’Ivoire en matière de population, une guerre viendra à bout de la population en moins d’une semaine. Il faut aussi savoir qu’un pays en guerre ne connaîtra jamais plus la paix car, tous les jours planera l’ombre de l’arme à feu, et pour construire un pays en ruine, il faut attendre entre 50 ans, pour le cas du Gabon.

Alors, nous nous aimons notre pays, préservons-le des “perfides trompeurs qui sèment la terreur et répandent la peur

0 Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

CONTACTEZ NOUS

Envoyez-nous un message rapide. Si concernant un article du site, veuillez commenter directement sur la page cible.

Sending

©2017 BantoozoneCommunauté | Conditions Générales | Mentions Légales | Édité par Xeta-Digital Corp.

Se connecter avec vos coordonnées

Forgot your details?